Entretien de Mme Jacqueline de Romilly

Entretien de Mme  JACQUELINE de ROMILLY, de l’Académie française , Membre
d’Honneur de l’Académie du Berry, le 13 novembre 2004

                                                        avec

  JEAN-CLAUDE  ANDRE, Membre du Haut-Conseil de l’Académie du Berry.

(Notre collègue Jean-Claude André, admirateur et fidèle lecteur de notre défunte  collègue, a longuement rencontré à Paris Jacqueline de Romilly : il en résulta un fructueux  dialogue qui a  abordé les sujets essentiels qui ont passionné notre regretté Membre d’honneur. Sur la base de notes très  détaillées, notre ami nous fait aimablement profiter de cet entretien : le style vivant et alerte de ce texte reflète bien la personnalité de Jacqueline de Romilly). 


L'annonce du décès de Jacqueline de Romilly, ce dernier dimanche de décembre 2010 avant Noël m'a ému sincèrement. Je connaissais cette helléniste depuis mon arrivée à mon premier poste administratif  aux contributions directes du 16e arrondissement de Paris en septembre 1965 .A l'époque , Jacqueline de Romilly était Professeur de grec à la Sorbonne avant de devenir en 1973 la première femme nommée au Collège de France puis la seconde, en 1988, élue à l'Académie française.


En juillet 1988, je découvrais, ébloui, la prose de cette femme dans son  livre « Sur les Chemins de  Sainte-Victoire » dans lequel elle écrit: «Il n'y a que la permanence de la beauté et son renouvellement qui chaque fois me surprennent ».Et dès lors je dévorais tous ses livres : ainsi,le Professeur et l' Académicienne m'ont accompagné dans la découverte d'une autre Grèce et de ses hommes fabuleux du Ve siècle avant Jésus-Christ auxquels elle a consacré sa longue vie.


-          L’accueil.


En 2004, mon heure de chance se concrétisa avec la venue à Châteauroux  de Sébastien Lapaque , journaliste au Figaro Littéraire spécialiste de Bernanos et ami de Jacqueline de Romilly. A ma question comment pourrais-je rencontrer cette personnalité hors du commun, il me répondit sans hésiter : « appelez là de ma part :elle vous recevra au 12 rue Chernoviz, » là où il avait obtenu pour Le Figaro, sa dernière interview.


Après un échange aimable de cartes, j'entendis la voix très posée, un peu traînante, de la célèbre helléniste que j'avais vue et entendue tant de fois conter ses combats pour l'enseignement du grec à la télévision. Nous convînmes de la date dans son emploi du temps très chargé et le 13 novembre 2004 à 14H30 fut retenu.


Jacqueline de Romilly m’attendait dans un vestibule tapissé de livres anciens. Elle m'accueille en souriant, me prie de me rendre dans le grand salon bibliothèque entièrement vitré et dont la vue s'étend sur le quartier de Passy .Les plantes vertes sont à l'aise le long des vitres attirées par la lumière.


Elle prend place, vêtue d'un tailleur bleu élégant dans une bergère, entre une orchidée et un bouquet de fleurs composé. Je m'installe sur un petit fauteuil face à elle. J’ai devant moi ce visage buriné par les ans, avec ses cheveux blancs que j'imagine encore agités par les vents du Péloponnèse ou par le mistral de Provence. Je me sens à l’aise malgré la présence du Savoir incarné  en face de moi , autodidacte qui a amassé des connaissances sans les dominer, sans les expliciter, sans les livrer au crible de
l'intelligence.


Les rayonnages courent du haut en bas des murs contenant, serrés les uns contre les autres, des milliers de livres certains reconnaissables entre tous à la pâle couleur passée de la collection des « Belles Lettres » et dont l'usage continuel tout au long d’ une vie ne fait aucun doute.


Sous mes yeux, cette mémoire écrite des auteurs anciens, de Thucydide à Horace et de Homère à Platon : voilà les supports visibles et sans cesse ouverts et consultés à leur place intangible dans les rayonnages : une mine de 70 ans de travail intellectuel mené avec respect et intelligence dans la tradition d'un humanisme éclairé, cette « philanthrôpia »qui ouvre sur l'amour de l'Homme.


-          Le grand âge.


Jacqueline de Romilly désire me faire le point sur son état lié, dit-elle, au grand âge, un privilège certes, mais altéré par une cécité presque complète que même la grosse loupe posée sur la table peine à combattre. Elle me parle des difficultés liées à cet état pour se déplacer dans la vie quotidienne et surtout pour travailler à un rythme forcément ralenti avec l'aide d'une secrétaire à laquelle elle dicte courriers et textes à publier en français, en anglais...En outre, en vue de remédier à la surdité d'une oreille, elle me demande de bien diriger le son de ma voix et de m'exprimer clairement pour qu'elle saisisse bien tous mes propos.


Je lui rappelle la manière dont je l'ai connue et elle m'apprend que l'immeuble où j'exerçais a été vendu et livré à un promoteur immobilier.  Elle souhaite que pareille mésaventure n'arrive pas à l'école primaire voisine dont les cris des enfants lui apportent la joie des futurs humains qui vont nous remplacer dans la vie et dans lesquels elle place toute sa confiance.


Elle aime la jeunesse et repense à la sienne, à ses Maîtres, à son émerveillement dans la découverte des textes qui accompagneront sa vie. Elle m’explique qu’elle a dû se rendre au service des Impôts de la rue George Sand afin de savoir pour quelle raison on avait identifié sa déclaration d'impôt sur le revenu sous le vocable « Succession Jacqueline de Romilly ». «  Cela m'a beaucoup amusée, dit-elle, d'être enterrée par vos services avant l'heure mais vous savez j'ai l'habitude de la chose administrative, ils en ont profité d'ailleurs... pour me supprimer un petit pourcentage de déduction sur mes émoluments très faibles que je touche de l'Académie.. !!! »..


-          La Sainte-Victoire.


Jacqueline de Romilly est étonnée par ce visiteur qui a apporté une pleine sacoche de ses ouvrages et qui entend les lui faire dédicacer. Je lui explique comment j'ai découvertsa prose en juillet 1988(avant son admission à l'Académie) avec l'achat des  «  Chemins de Sainte-Victoire » lu et relu tant de fois car j'y puise une communion avec la nature que je partage complètement dans l'émotion des mots.

Elle me demande : «  j'ai publié ça en quelle année, ? en 1988 à oui ; il est bien fait avec ces photos  et il a bien marché. De Fallois, mon éditeur attentif, s'occupe bien de moi et il m'appelle tous les jours au téléphone ». L'auteur me conte qu'elle rejoignait son havre de paix situé sur la route du Tholonet face à la Sainte-Victoire  trois fois par an .Puis la cécité s'installant, elle n'y séjourne plus que deux fois au printemps et en septembre. Elle qui connaissait chaque sentier, chaque pierre et arbre, qui respirait cette terre de manière fusionnelle, doit maintenant se contenter de se promener autour de sa maison et dans le jardin sacrifiant ces randonnées dans les chemins décrits et qui sont maintenant fermés tout l'été.

De cette voix claire et d'une saveur théâtrale, elle s'insurge contre cet état de fait et pense que les amateurs de la nature ne sont pas ceux qui enflamment les bois secs l'été.

Elle se désole également de la présence et de la prolifération des très nombreux sangliers dans la campagne environnante, animaux  sans gêne qui viennent labourer de leurs groins ses abords de jardin. Puis elle se plaint de ces petites bêtes qui lui ont rongé la peau lors de son dernier séjour de septembre en me montrant paumes et mains victimes des attaques cutanées en règle de ces aventuriers désagréables qui provoquent gêne et démangeaisons.

Ces petites misères n'enlèvent en rien cette passion pour ce paradis de lumière nécessaire à son équilibre dès lors que ce paysage fait partie de tout son être.


-Sa passion de la Nature.


Il y a dans ses yeux qui sont restés beaux de tendresse, comme un éclair lorsqu'elle me brosse le tableau de toutes ces fleurs printanières: des amandiers « qui ouvrent la fête » aux jonquilles sauvages et au fameux iris retrouvés au fil des pages et qui lui ont donné les plus belles satisfactions. A l' œil est associée la joie d’en parler comme si elle vivait le cycle, la couleur, la beauté de l'iris sauvage dans sa vie de plante ; elle ne laisse aucun mot au hasard , m'explique et me prend à témoin comme si elle était en train d'écrire. Inoubliable moment d 'émotion…..


La nature est fragile et elle se désole de la disparition des tulipes sauvages victimes des produits défoliantsagricoles. Puis elle me décrit là encore, avec une rare précision les petites orchidées de Provence que j'allais moi-même photographier dans les collines de Roquebrune sur Argens. Elles se livrent au regard de qui sait les trouver au creux des endroits frais des collines  éveillées par le  printemps mais cachées sous les feuilles et craignant le regard indiscret du passant.

Jacqueline de Romilly me dit avoir eu très peur de cet incendie qui mit à mal ses paysages de la Sainte-Victoire. La battante n'est jamais loin et, malgré son handicap, elle s'est faite  transporter sur place pour juger de la repousse de la végétation. Elle est rassérénée au toucher de la vie qui reprend ses droits.

A la manière de nos écologistes , elle dénonce le manque de plan concerté entre Préfets, Maires et propriétaires et que rien ne sera  jamais résolu au niveau du feu dans cette région et ce malgré l'élargissement des chemins d'accès aux sites fragiles.

Dans ces luttes, sa présence, son aura auprès des cabinets ministériels ont cependant payé dès lors que plus aucun promoteur pour reprendre son expression de contentement« ne pourra abattre sa griffe sur ce territoire ». Elle n'en est pas peu fière...Puis elle s'enquiert: « avez-vous un jardin ? » - « oui et ma terre de marais est moins rebelle que la vôtre ». Je suis félicité de ma passion du jardinage qui me dit-elle se fait rare. Elle me rappelle que sa terre est rude et inféconde, toutes fleurs repiquées ne poussent jamais et en secouant l'épaule elle me confie: « mon jardin n'aime que les fleurs sauvages »...


      -    L’Académie Berrichonne.


A propos du Berry, je lui rappelle son appartenance à l’Académie Berrichonne ; « Oui, dit-elle, j’en fais partie et j’ai même assuré une conférence à la demande de son Président mais maintenant, compte tenu de mon état de santé , je ne peux plus répondre à leurs sympathiques invitations, c’est trop compliqué pour moi Je ne connais pas l’Indre ,ce département n’étant pas sur la route de ma Provence  » A l'époque je n'étais pas membre de cette société savante devenue l'Académie du Berry ; George Sand n'est pas son affaire, je n'insiste pas.


       
La passion du travail.


Elle me demande de lui passer le précieux volume consacrés aux chemins de Sainte Victoire. « ah ! oui, j’ai écrit cela en 1987 » et avec  vivacité,  elle va à l'une de ses deux tables de travail placées à chaque coin de la pièce, vide de meubles dans sa partie centrale mais baignée de lumière. La table de travail à la spartiate l'a suivie toute sa vie: quatre pieds, un petit plateau carré , le tout un peu branlant avec le confort d’ un sous-main vert sombre, taché, effiloché mais scotché aux meurtrissures pour permettre l'écriture attentive mais si difficultueuse lorsque la main n'a plus la compagnie de l' œil pour rédiger l'hommage sur  la page de garde: « Pour Jean-Claude André , ce livre déjà ancien, mais qui dit mon amour toujours vivant pour la Provence ».


Elle me dit sa passion du travail au risque, ajoute- t-elle, « de manquer sa vie de femme ,sa vie de couple, sa vie de famille et en plus j'avais une ascendance juive.. ». Elle soupire. Puis elle me dit que tout son temps a été pris- je la sens sans regrets-par la grandeur et la défense de l'hellénisme si importantes à ses yeux pour l'humanité et dont elle sera la voix, le porte- parole jusqu'à son dernier souffle.



Pour illustrer ce combat permanent, Jacqueline de Romilly me dit qu'elle était encore ce matin à la tâche avec une jeune étudiante anglaise pour mettre au point une déclaration en langue anglaise, pour que le grec soit enseigné partout en Europe. « Tout est difficile vous savez car il faut que nous établissions des textes d'abord en français que je fais traduire puis que nous les relisions pour corriger les fautes afin que tout soit net dans l'esprit de ceux qui vont me lire. D'ailleurs, dès votre départ il va falloir s'y remettre... »


-          Thucydide.


Le temps avance, nous reprenons nos places près de l'orchidée et j'évoque l'auteur de sa vie: Thucydide.

Il ne l'a pas quitté depuis 1933 année au cours de laquelle elle se plongea dans l'histoire de la guerre du Péloponnèse, le texte en grec cela va de soi. » J'ai toujours été passionnée, dit-elle, par les personnages clés de cette longue guerre entre Athéniens et Lacédémoniens et par le milieu décrit par Thucydide qui se voulait au courant de toutes choses .C'est un historien hors pair, vous savez, qui ne peut pas être pris en flagrant délit de mensonge comme le sont, à longueur de journée, nos médias actuels (je n'ai pas la télévision...). Et, plus dure encore: on ne peut comparer Thucydide à un journaliste de notre temps qui malheureusement ne sait rien ...  C'est pour moi, comme pour mon maître Louis Bodin, me confie t-elle, l'historien le plus intéressant que nous connaissions à ce jour, c'est le plus rigoureux dans sa démarche pour fournir un travail admirable de vérité historique ,mais c'est aussi le plus difficile et c'est pourquoi une vie sur ce texte n'est probablement pas suffisante ».

J'ose ajouter que je possède le Thucydide de La Pléiade préfacé par ses soins. Là, elle fait une vilaine moue et me dit que cela ne vaut rien, à l'égal de cette piètre traduction de Lecomte de Lisle au XIXe siècle. Elle n'y va pas par quatre chemins… !!! seule sa traduction qui a demandé 30 ans de travail parue dans la collection « Bouquins » constitue la référence , au plus près du texte grec et des textes anciens repris et analysés un à un, j'allais écrire jusqu'à épuisement. Elle s'est confrontée à chaque mot grec et a disséqué chaque construction grammaticale. Elle a gagné le titre de philologue. Elle a découvert le monde et l'intelligence dans sa quête intellectuelle d'une vie et pour elle « c'est un trésor pour toujours ».


-          Homère et autres grecs anciens.


L'échange sur la traduction l'a animée et j'en profite pour lui parler des traductions concernant les œuvres d'Homère. « C'est le plus grand poète dit-elle admirative mais si vous le lisez prenez la traduction des Presses Universitaires de France ». Je lui parle de Bérard qui trouve grâce à ses yeux « mais attention me prévient-elle, les chants ne sont pas dans le bon ordre et cela est désagréable. » Je n'ai pas eu le temps de noter dans ma mémoire les numéros des chants incriminés.


Le temps ne nous permet pas d'évoquer toutes les autres figures  auxquelles elle a consacré livres et articles: Périclès et la naissance de la démocratie à Athènes , l 'Acropole qui ne la quitte pas, Euripide,  Sophocle,  Eschyle pour le théâtre dans les décors d'Epidaure et de Delphes; mais aussi Platon, les Sophistes, pour la philosophie au fil des dialogues avec Socrate analysés ligne à ligne,  sans omettre ceux qu'elle a  fait revivre dans les livres que je lui tends : Alcibiade dont elle prononce le nom en traînant sur les A et dont la séduction semble la capter encore et toujours , sans oublier  Hector dont elle a su peindre comme elle me l'écrit, avec amour, penchée sur la page : « l'épopée sous une forme si humaine ».



-          La jeunesse et la lecture.


Cette évocation des plus grands textes amène l'entretien sur la lecture en général et des jeunes en particulier. Jacqueline de Romilly déplore que les jeunes ne lisent plus et que le phénomène s'observe partout y compris dans les familles du 16e arrondissement qui disposent de bibliothèques et d'un environnement propice à l'étude. Elle est parfaitement consciente des ravages opérés par les heures de télévision et les autres médias sur la jeunesse. Alors, incisive « Je milite toujours pour lutter contre cet état de fait et notamment au sein du SEL (sauvegarde des enseignements littéraires) « passez moi une feuille » et elle note de mémoire l'adresse de cette association que j'emporte dans l'un de ses livres.


-          L’Académie française.


J’évoque l'Académie Française. Jacqueline de Romilly semble remontée contre l'institution en un mouvement d'humeur qui se manifeste au niveau de ses épaules et de son regard qui se dirige vers le plafond. D'ailleurs, en préambule, elle me rappelle-pour bien situer les choses-ce qu'était l'Académie de Platon, lieu de réflexion philosophique où Aristote et d'autres vinrent apprendre les sciences et à réfléchir sur la notion du Bien. On est loin de cette fonction première puisqu'à l'Académie dit-elle « nous travaillons le dictionnaire ,mais c'est passionnant et j'y prends beaucoup de plaisir. Nous en sommes, cher monsieur, à la lettre R, je n'irai pas au bout, mais sachez que lorsque mes confrères auront terminé, il faudra recommencer...Pour l'instant, je boude les séances car la dernière réunion consacrée à la désignation d'un candidat a été houleuse ». Son candidat, Jean Delumeau, n'a pas eu l'heur de plaire à ses confrères et elle en a été très fâchée mais, au fond, elle se plaît bien dans cette institution au milieu des écrivains.  Je sens, par son sourire, beaucoup de gentillesse à l'égard de Valéry Giscard d'Estaing qui fera son entrée sous la coupole le 16 décembre 2004. Elle lui reconnaît un certain nombre de mérites et notamment un amour non feint me dit-elle pour la littérature. Je comprends que lors de son passage au pouvoir elle a apprécié sa position car il a dû soutenir son combat dans sa lutte pour la défense de l'enseignement du grec dans les lycées et universités. « Je trouve, me dit-elle, tout à fait bien qu'il succède au fauteuil de Léopold Senghor et... ce sera un bon élève... Ah! tenez voici le carton d'invitation pour la réception qui m'est parvenu, lisez-le et rappelez- moi l'heure de la cérémonie.. »



-          La politique.


L'heure avance, nous terminons par la politique. Et là elle me déclare très nettement que la manière dont se comporte le Gouvernement ne lui convient pas: trop de louvoiements, de mauvaises décisions, de mauvais choix, elle s'inquiète malicieusement du fait que la culture musulmane prenne le pas sur les autres...,ceci sans être raciste précise t- elle. Elle marque de l'attachement à François Bayrou ce qui ne me  surprend pas dès lors que son parcours universitaire et ses idées sur l'éducation captent son attention. S'agissant de François Fillon, elle me dit l'avoir rencontré voici 15 jours et que les idées de ce Ministre vont dans le bon sens. C'était prémonitoire.

Elle ne tolère plus le monstrueux appareil étatique de l'Education nationale qui digère les réformes les unes à la suite des autres sans les mettre en pratique. Elle pense que l'opinion publique est très sensible à une reprise en mains de l'éducation et croit à un retour des valeurs qui ont été abandonnées au fil du temps. Elle souhaite que l'on retrouve le temps de former le jugement ainsi que l'esprit.


La lutte et toujours la lutte… !! elle me demande si je connais l'Elan nouveau du Citoyen , une jeune association qui regroupe des personnalités de tous horizons désireuses de rétablir et de ranimer le lien entre les citoyens par le biais de correspondants à Paris et dans toute la France. Ce mouvement est présidé par Philippe Rodet , médecin à Paris, originaire de l'Indre et qu'elle nomme «  le petit docteur ».Pour marquer son engagement de militante, elle me demande de prendre un imprimé au-dessus d'une pile de livres et de penser sérieusement à adhérer. Ce que je fis sans tarder à mon retour. Ce médecin, en imitant son style de voix, me confiera après mon adhésion, que Jacqueline de Romilly lui avait dit que je ferai un excellent correspondant de l'Elan pour la région Centre...


-          La  Grèce.


Deux heures étaient passées, j'étais tout à la joie d'avoir conversé tout simplement en amitié avec Jacqueline de Romilly. Avant de me raccompagner, elle me rappela son amour pour cette Grèce qui lui a octroyé la nationalité. Elle y fut invitée souvent par ceux qu'elle nommait les vieux amis grecs .Mais elle me rassure : lorsqu'elle passait quelques semaines sur une île des Cyclades c'était encore pour travailler loin du monde et du bruit pour  transmettre à ses lecteurs«  le miracle grec ».



Après s'être assurée que j'étais allé visiter son pays d’adoption , elle m'a conseillé une croisière dans les îles  pour compléter mon émerveillement : «  Partez avec « Athéna », c'est avec eux que j'avais organisé mon dernier périple. ». Elle m'invite à nouveau près du petit bureau et me dédicace son ouvrage préféré intitulé « Pourquoi la Grèce? » Et là, en quelques mots, elle répond à son interrogation sur ce livre préféré entre tous: « Belle question! elle a hanté toute ma vie, ceci n'est qu'un début de réponse...et cet essai de réponse, j'y crois encore!.. »



                                                                          Paris, 13 novembre 2004

 
Dernière modification : 22/04/2011
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