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COMPTE RENDU DE LA JOURNÉE DES AMIS DE MAURICE ROLLINAT, LE SAMEDI 28 FÉVRIER 2009 À CHÂTEAUROUX


Le samedi 28 février 2009, a eu lieu la journée des Amis de Maurice Rollinat, à Châteauroux. Nous sommes allés tout d’abord à 11 h, rendre hommage au poète sur la tombe familiale, au cimetière de Châteauroux où il repose avec son père, François Rollinat, sa mère, Isaure Rollinat née Didion, sa tante et marraine, Emma Didion.


                     


Ensuite les amis du poète ont vu ou revu le buste de Maurice Rollinat au jardin du Palais de Justice et ont écouté les commentaires de MM. Pierre Remerand et Pierre Brunaud, avec photos et articles de journaux de l’époque à l’appui. Après un fin repas au restaurant L’Escalier, Catherine Réault-Crosnier, membre du Haut Conseil de l’Académie du Berry, a proposé une conférence à la médiathèque Equinoxe, sur « Edgar Poe et Maurice Rollinat en poésie ». Quatre lecteurs alternaient les voix afin de rendre ce moment plus attrayant, M. Régis Crosnier (mari de la conférencière), M. le Dr François Lemaire (secrétaire-adjoint de l’association), M. Jean Hautepierre, traducteur de l’ensemble des poèmes d’Edgar Poe en vers classiques et M. Michel Caçao. Ce dernier, compositeur et guitariste de talent, nous a proposé des moments musicaux à la guitare autour des poèmes lus.

      

                                         

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Voici le résumé de cette conférence :



Maurice ROLLINAT et Edgar POE en poésie



            Maurice Rollinat (1846 – 1903) et Edgar Poe (1809 – 1849) ont des points communs en poésie et il n’est pas étonnant que Maurice Rollinat se soit senti proche de cette littérature torturée et puissante, dont la musicalité l’a aussi l’attiré.


            George Sand (1804 – 1876), contemporaine d’Edgar Poe, a influencé l’écriture de Maurice Rollinat, lui conseillant d’écrire des poèmes moins tourmentés et plus tournés vers la nature.


            Régis Miannay, Professeur émérite de l’Université de Nantes et qui vient de fêter ses trente ans de présidence de l’association des Amis de Maurice Rollinat (en novembre 2008), a déjà insisté sur ce fait : « Ses détracteurs ont en général mis en doute cette sincérité ou n’ont vu dans son œuvre que les productions bizarres d’un cerveau ébranlé. »


En introduction, j’ai comparé tout d’abord brièvement les biographies de Maurice Rollinat et d’Edgar Poe puis j’ai parlé des regards d’écrivains sur eux. Dans la partie principale, j’ai analysé leurs œuvres, en traitant des thèmes les plus caractéristiques de ces deux poètes : la musique, le macabre, les fantômes, la mort, l’angoisse et l’épouvante, le fantastique, la femme, la sexualité, la sensualité, le corps féminin, la virginité, les bêtes, la nature, les couleurs, les sentiments, le mystique, la fuite du temps, le rêve ou la folie. Je me suis alors servi de leurs poèmes pour étayer ma démarche, par exemple dans le chapitre « Les Bêtes », voici un extrait typique de Maurice Rollinat :


« Je comprends que le chat ait frappé Baudelaire

Par son être magique où s’incarne le sphinx ;

Par le charme câlin de la lueur si claire

Qui s’échappe à longs jets de ses deux yeux de lynx,

Je comprends que le chat ait frappé Baudelaire. (…) »


Et un extrait typique d’Edgar Poe dans le chapitre « La sensualité » :


« (…) La lune déroba son sourire perlé,

Et tout subitement disparut comme un songe. (…)

Je ne vis que tes yeux (et pour mon cœur maudit)

Quelles félicités pouvaient être meilleures ?)

Je ne vis que tes yeux navrés – pendant des heures

Jusqu’à ce que la lune obscure descendit. »


En conclusion, Maurice Rollinat a été attiré par la musique, le fantastique et le macabre. Edgar Poe, lui, était très moderne pour son temps. Il a inauguré un genre totalement neuf, le conte fantastique même dans ses poèmes. Il nous raconte des histoires de rêve et d’un au-delà lointain, là où Maurice Rollinat parle de lui, de ses impressions, sensations et reste très proche du concret et de la nature. Leur beauté de style ne fait aucun doute, plus déconnecté de la réalité, préférant s’évader dans le rêve pour Edgar Poe, plus descriptif et sensuel pour Maurice Rollinat, mais pour tous les deux, une seule ligne de conduite se profile à l’horizon de leurs mots, une poésie envoûtante et frissonnante.


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 



 

 
Dernière modification : 04/03/2009
 
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