Printemps 2010

PRINTEMPS 2010


SEANCE SOLENNELLE DE L’ACADEMIE DU BERRY

DU MOYEN AGE AU ROMANTISME…



La séance solennelle de Printemps s’est tenue à l’Espace Art et Culture de Déols, à l’ombre de la jolie tour romane de l’abbaye Notre-Dame : les vestiges d’un site en lien avec Cluny, dont l’architecture ainsi que l’histoire (étroitement associée à la dépendance papale de l’abbaye) furent savamment relatées le matin même, par M. Dubant, Docteur en Histoire.


Après une visite des vestiges de cette abbaye et un déjeuner partagé au Relais Saint-Jacques, débuta la séance solennelle au cours de laquelle fut reçu, en tant que membre titulaire, Jean-Yves Clément.

Il a été présenté par Isabelle Papieau, Clavaire de l’Académie, qui retraça son parcours thématique et chronologique : un parcours, miroir d’une oeuvre foisonnante, s’attachant à combiner les univers de la musique et de la littérature. Comme le souligne ce discours de présentation en ligne sur notre site, le Berruyer Jean-Yves Clément – éditeur, écrivain, organisateur de festivals (notamment dédiés à Chopin et Liszt) – s’est toujours attaché à traduire et partager son enthousiasme prononcé pour l’esthétique de l’Ecole romantique. Cette présentation mit en lumière ses sources inspiratrices, sa virtuosité créative en matière d’organisation de festivals emblématiques, son culte de l’aphorisme, de la musicalité des mots et de la poétique des images, son engouement  pour la musique et la philosophie : une somme de curiosités intellectuelles qui le conduisit à écrire récemment, un érudit essai musical révélateur d’une vision poétique sensible et d’une subtile étude introspective des deux âmes de Chopin.

Jean-Yves Clément centra son brillant discours de réception sur les effets de la transcendance de la dualité, au niveau de sa vie et ses activités artistiques : une logique duelle en phase avec la thématique de son étude analytique sur les deux âmes de Frédéric Chopin et, indirectement, l’ancrage du discours philosophique plotinien révélant que l’âme s’expérimente précisément, par le biais de cette dualité…

Habilement décliné et de façon expressive par Jean-Yves Clément, ce jeu de la dualité et des couples signifiants apparaît alors, comme un marqueur qui jalonne, singularise le parcours de notre récipiendaire. Partagé entre deux compositeurs (Chopin, Liszt) et deux départements (le Cher, l’Indre, imprégnés respectivement de l’impact littéraire d’Alain-Fournier et George Sand), il s’avère l’être également entre deux arts (« éléments vivants » par excellence) : la musique et la littérature. Œuvrant dans un Berry « doublement romantique » (doté des « Rencontres Internationales Frédéric Chopin » à Nohant et des « Lisztomanias » à Châteauroux), Jean-Yves Clément dit cultiver le goût et l’esprit de « l’hédonisme à la Française », ainsi que le révèle son concept des « Journées du Livre et du Vin » : un hédonisme inspiré de la doctrine rabelaisienne et du délicieux attrait de la Touraine où Jean-Yves Clément étudia musicologie, philosophie, découvrit Nietzsche (dont le style privilégie d’ailleurs la forme de l’aphorisme cher à notre nouveau membre titulaire, musicien-poète).


Les Prix de l’Académie du Berry, 2009 et 2010, ont ensuite été remis à leurs lauréats par Mme le Docteur Catherine Réault-Crosnier, du Haut-Conseil.

Le Prix 2010 récompense en fait, le travail de deux personnes : M. Robert Limoges et Mme Françoise Salaün, œuvrant tous les deux, en tant que directeur et secrétaire de rédaction, pour une revue de grande qualité, La Gazette Berrichonne de Paris. Il s’agit d’une publication trimestrielle née en 1911, caractérisée par une volonté de permanence de l’information couvrant la vie culturelle des départements du Cher et de l’Indre : l’organe d’informations du Cercle Amical du Berry, fédérant des Berrichons de tous horizons géographiques et dont le nombre d’abonnés s’avère croissant. Fondé en 1903 (sous le nom de « Cercle Amical du Cher et de l’Indre »), le Cercle Amical du Berry était représenté lors de cette séance solennelle – en l’absence de son président, M. l’Ambassadeur de France François-Marcel Plaisant – par sa vice-présidente, Mme Marie-France de Peyronnet et M. Jean-Claude Bonnet. Mme de Peyronnet remercia chaleureusement l’Académie d’avoir perçu, derrière la discrétion caractérisant les deux acteurs lauréats, l’excellence du travail accompli. Passion et compétences sont les maîtres-mots qui définissent alors, l’investissement sans faille de M. Robert Limoges (un Issoldunois impliqué avec rigueur, ferveur, au sein de La Gazette depuis une trentaine d’années) et Mme Salaün aidant, depuis 1993, à la rédaction de cette publication qu’elle fait profiter de sa large expérience professionnelle dans le domaine de la fabrication des documents : un duo de collaborateurs là encore signifiant, qui permit de faire évoluer La Gazette, de la formule d’un journal « quatre pages » traitées en « noir et blanc » à celle d’un journal « dix pages » en quadrichromie, toujours plus attractif par sa présentation, la diversité et l’originalité des sujets abordés, la précision des propos…

Le Prix 2009 a été, quant à lui, attribué à M. Jacques Viard, pour l’ensemble de ses travaux de restauration de tableaux et d’églises, qui lui ont permis de sauver – tant dans le Berry que les autres régions – un patrimoine en péril. A l’issue d’études à l’Ecole du Louvre, d’un stage professionnel chez un restaurateur parisien et d’une carrière de photographe professionnel indépendant pendant plus de 25 ans, M. Viard est revenu, il y 13 ans, dans l’Indre où il possédait une propriété familiale. Devenu restaurateur de tableaux en 1995, il fait le choix, en 2000, de se spécialiser dans la rénovation des ouvrages d’art du patrimoine religieux (dont il appréciera particulièrement les œuvres du XIXème siècle). Usant de techniques spécifiquement appropriées, M. Jacques Viard restaurera ainsi, plus de 400 tableaux anciens et une dizaine d’églises. Moyennant des tarifs bas (permettant aux élus d’une commune d’engager une action de restauration en l’absence de moyens financiers) mais en respectant le cadre originel, il s’est ainsi adonné à un gigantesque et riche travail de rénovation de peintures murales et de mobilier d’église (statuaire, autels, lustres…).


Une belle séance à laquelle assistaient, entre autres, M. Jean-Pierre Surrault, Président de l’Académie du Centre et Mme Jacqueline Suttin, Présidente honoraire de l’Académie d’Orléans, qui nous avaient fait le plaisir de nous honorer de leur présence.


                                                                        Isabelle Papieau

 
Dernière modification : 21/04/2010
 
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