PERSONNALITÉS "E-F-G-H"

Maurice Estève

Charles Fauchier

Hervé Charles Antoine Faye

​Alphonse Fleury

Alain Fournier

Jacques des Gachons

Jean Gaultier

Jean Giraudoux

Narcisse Girault-Dupin

​​Claude Guimond de La Touche

Jean-Marie Heurtault de Lamerville

Max Hymans

Germaine Hugnet

 

Maurice Estève

Maurice  Estève est l’un des peintres majeurs de la Nouvelle école de Paris. Il est né le 02 mai 1904 à Culan (Cher) où il passe son enfance auprès de ses grands-parents.

En 1913 à Paris il découvre le Musée du Louvre. Malgré son jeune âge il est impressionné par « La Bataille de San Romano » de Paolo Ucello, mais aussi par les œuvres de Courbet, Delacroix, Chardin. A partir de 1919, il suit des cours du soir de dessin et découvre la peinture de Cézanne. Maurice Estève fréquente à Montparnasse l’atelier libre de l’Académie Colarossi. Marqué jusque-là par la peinture des Primitifs et l’œuvre de Cézanne, il subit quelque peu l’influence du Surréalisme, notamment de Giorgio de Chirico.

Il présente sa première exposition en 1930, puis expose en 1936 à Stockholm avec Matisse, Picasso, Juan Gris et Fernand Léger. L’année suivante, il participe à la réalisation des décorations murales de Robert et Sonia Delaunay pour les pavillons de l’Aviation et des Chemins de Fer à l’Exposition Universelle de Paris. De 1942 à 1949, Estève est en contrat d’exclusivité avec la galerie Carré. Il  expose à l’étranger, notamment en Scandinavie. La série de ses toiles autour des « Métiers » le fait passer d’une stylisation formelle à une peinture non figurative affranchie de tout réalisme.

En marge de ses expositions dans différentes galeries, Estève travaille l’été à Culan  où il réalise de nombreuses lithographies, s’adonne à l’aquarelle, au fusain et même au collage. Il reçoit en 1970 le grand Prix national des Arts.

La ville de Bourges lui consacre un musée dans l’ancien Hôtel des Echevins.

Maurice Estève se retire définitivement à  Culan en 1995 où il s’éteint le 29 juin 2001.

 

Charles Fauchier

Né à la Châtre en 1887 d’un père médecin, Charles Fauchier se consacre entièrement au dessin et à la peinture après ses études au  collège. Son premier maître sera Frédéric LAUTH, mari d’Aurore Sand, petite fille de George Sand. A Paris, il reçoit les conseils du célèbre paysagiste Henri Harpignies. Il expose avec succès principalement des paysages au Salon des Indépendants, dans plusieurs galeries parisiennes et à Bourges. Aimant peindre la nature et le Berry d’une palette délicatement colorée, il laissera un grand nombre de scènes pittoresques de La Châtre et de ses alentours, quelques portraits ainsi que des paysages de la vallée de la  Creuse. Il écrira un recueil de poésies. Charles Fauchier décède à la Châtre le 16 Mars 1965.

 

Hervé Charles Antoine Faye

Le Bas Berry peut s’honorer de la présence sur ses terres, de 1806 jusqu’à sa mort en 1825, de l’ingénieur des ponts et chaussées et savant de la campagne d’Egypte, Hervé Charles Antoine Faye. Après de solides études à l’école des ponts et chaussées de Paris, ce normand d’origine, né en 1763 à L’Haye-du-Puits (Manche),  est nommé ingénieur ordinaire à Caen. Il y est recruté  en 1798 par son ami et collègue, Girard, pour une expédition qui les conduit en Egypte sous la direction du général Bonaparte.

d’Alexandrie à Rosette plus au nord, il réalise des travaux du génie sur les canaux, repérage et inspection des citernes, études de machines à eau ou encore exploration des édifices antiques comme les vestiges de bains à Alexandrie ou des tombeaux aux environs de Rosette. La reconnaissance du lac Madiéh lui permit de participer à la confection de la carte topographique de la vallée du Nil.

De retour en France, le hasard des mutations le conduit à Châteauroux en 1806, puis au Blanc. Il se marie à Saint-Benoît-du-Sault en septembre 1813 avec Jeanne Euphrasie Dubrac.

Il mérite d’être connu à plus d’un titre. Outre le pont du Blanc qui n’est pas le moindre de ses travaux, c’est de Saint-Benoît-du-Sault qu’il participe à la magnifique œuvre éditoriale de la Description de l’Egypte pour laquelle il fournit vingt sept gravures. Il s’implique également, sous l’influence de ses amis les  « Egyptiens » surnoms de ses compagnons d’expédition, à l’implantation dans le Berry d’une œuvre d’intérêt public : l’école mutuelle, destinée aux pauvres et qui se voulait laïque et gratuite avant celle de Jules Ferry.

Il s’éteint en 1825 à Saint-Benoît-du-Sault (Indre).

 

Extrait de la communication de Mme Annette Surault sur « Hervé Faye, ingénieur des Ponts et Chaussées », lors de la Rencontre des Académies du Centre à Tours en septembre 2014.

 

 

Alphonse Fleury

Pierre-Louis Alphonse Fleury, né à La Châtre le 1er septembre 1809, fils d'un officier de cuirassiers, connut Aurore Dudevant de bonne heure et épousa une de ses amies Laure Decerfz. Ils eurent deux filles Nancy et Valentine. Avoué, avocat, il se lança dans la politique, fut élu représentant du peuple le 23 avril 1848, échoua à la législative, fut commissaire de la République dans l'Indre ce qui lui valut en 1852 d'être arrêté puis exilé. Il rentra en France à l'amnistie de 1859. George Sand le surnommait le "Gaulois". Il est mort à Paris le 20 août 1877.

 

Alain Fournier


Né le 3 octobre 1886 à La Chapelle d’Angillon (Cher) fils d’instituteur, il passe son enfance dans le Berry. En 1891, son père est nommé à Epineuil-le-Fleuriel. Le futur Alain Fournier y sera son élève jusqu’en 1898, puis  sera pensionnaire au lycée Voltaire à Paris.  Après un séjour à l’Ecole Navale de Brest, il passe son baccalauréat  au lycée de Bourges. En 1908 et 1909 il fait son service militaire : après le peloton d’élève officier à Laval, il est nommé Sous- lieutenant à Mirande (Gers). Son service militaire terminé, il trouve un poste de rédacteur à Paris-journal et commence l’écriture de son premier roman Le Grand Meaulnes (1910 – 1913). Il commence un nouveau roman, Colombe Blanchet, qui restera inachevé. Mobilisé dès la déclaration de guerre, en août 1914, Alain Fournier rejoint le front comme Lieutenant d’infanterie. Le 22 septembre 1914 il est tué au sud de Verdun.

 

Jacques des Gachons

Né à Ardentes (36) en 1868, il est le fils de Jacques Peyrot des Gachons, percepteur et ainé de quatre garçons, Après des études secondaires à Châteauroux, il devient journaliste puis auteur de romans populaires. Très attaché à son Berry natal il écrit quelques romans régionaux. Ami  de l’Abbé Jacob, il fréquente le cénacle des Epingués à Verneuil où se retrouvent Gabriel Nigond et Fernand Maillaud.. Il meurt le 1er mars 1945.

 

Jean Gaultier

Né à Châteauroux en 1917, après l’école normale il devient instituteur. Il se passionne pour l’histoire. Il est l’auteur d’une Histoire de La Châtre et de celle où il réside, le quartier des Marins, mais aussi d’Au pays de George Sand et La guerre de 1970.  Il décède le 4 mars 1987.

 

Jean Giraudoux

Brillant étudiant et soldat décoré pendant la Première Guerre mondiale, Hippolyte Jean Giraudoux est né le 29 octobre 1882 à Bellac (87). Fils cadet de Léger Giraudoux, employé des Ponts et chaussés, et d'Anne Lacoste. En 1890, son père quitte le corps des Ponts et chaussés pour un poste de Percepteur à Pellevoisin dans l’Indre. Reçu premier du canton au certificat d'études en1892, Jean Giraudoux entre en octobre 1893 comme boursier au lycée de Châteauroux, qui porte aujourd'hui son nom « Lycée Jean Giraudoux », où il fait sa première communion en juin1894 ; il y est interne jusqu'à son baccalauréat en 1900.  Après ses études secondaires, il occupe des fonctions diplomatiques et administratives tout en écrivant des romans (Suzanneet le Pacifique en1921, Siegfriedet le Limousin en1922) avant de se diriger vers le théâtre après sa rencontre avec le comédien Louis Jouvet qui mettra en scène et interprétera ses œuvres principales Il est aujourd'hui surtout connu pour son théâtre qui compte des pièces célèbres comme Amphitryon 38 (1929), La guerre de Troie n’aura pas lieu (1935), Électre (1937) ou Ondine (1939)ou La folle de Chaillot jouée en 1945après sa mort. Germanophile et diplomate de carrière, il est Commissaire général à l'information en 1939-1940 et sa situation pendant l’Occupation est complexe et son rôle contrasté. Jean Giraudoux meurt à Paris le 31 janvier 1944, il repose à Pellevoisin (Indre).

 

Narcisse Girault-Dupin

Né à Vicq sur Gartempe en 1836,  après avoir étudié au  séminaire de Poitiers, Narcisse Giraud dit Girault-Dupin suit les cours de l’Ecole des beaux-arts Poitiers et devient sculpteur. Il se fixe à Châteauroux et devient le collaborateur des architectes Dauvergne (père et fils) qui avaient le quasi monopole des restaurations et reconstructions d’édifices religieux.

Narcisse Girault-Dupin commença par la restauration de l’église de Mézières-en-Brenne, sculpta  les  douze apôtres de l’église de Levroux, restaura Notre-Dame-des-Miracles de Déols ainsi que le décor de beaucoup d’églises rurales, où il prit en charge autels, chaires et statues, comme Thenay, Oulches, Badecon, Pont-Chrétien ou Faverolles. Le bestiaire roman  ne le laisse pas indifférent  (lions, têtes de chats, oiseaux adossés), tout comme l’art  du portrait dans les chapiteaux ou modillons.

Son œuvre principale est sans nul doute les chapiteaux de l’église Notre-Dame de Châteauroux en 1882 : soixante-quatre chapiteaux historiés dans un style néo-roman, avec une profusion d’arabesques, de volutes et de feuillages qui la rendent proche de l’art nouveau des années 1900. Il meurt à Châteauroux le 21 août 1898.

 

Claude Guimond de La Touche

Claude Guimond de La Touche, est né le 17 octobre 1723 à Châteauroux .
 Après avoir terminé ses études à Rouen, La Touche entra dans la Société de Jésus où il resta quatorze ans. Après l’avoir quittée, il se livra à la poésie et débuta par une ode sur la naissance du duc de Bourgogne, intitulée : Mars au berceau (1751).

La seule tragédie qu’il ait composée et qui a fait vivre son nom, Iphigénie en Tauride, fut représenté au Théâtre-Français le 4 juin 1757.

Le succès d’Iphigénie en Tauride fut tout d’enthousiasme. Guimond, redemandé à grands cris, se laissa amener sur la scène et s’évanouit de joie en se retirant. Ses contemporains le classe comme l’un des plus grand poète tragique français.

Il s’éteint   le 14 février 1760, il est le grand oncle d’Henri de La Touche.

 

Jean-Marie Heurtault de Lamerville

Né à Rouen en 1740, Jean-Marie Heurtault de Lamerville sans fortune quitte le métier des armes après quinze ans de service, ne pouvant acheter un régiment. Il décide alors de se consacrer aux études. L’héritage que lui laisse sa sœur lui permet d’acquérir en 1773 le domaine de La Périsse à Dun-sur-Auron dont il fait un domaine agricole modèle en se lançant dans l’élevage du mérinos. En 1786, il publie ses Observations pratiques sur les bêtes à laine en Berry. Il entre bientôt en politique : la convocation des Etats généraux par Louis XVI lui permet de devenir Commissaire pour la rédaction des cahiers de doléances de la noblesse et d’être élu Député de la noblesse pour le Baillage du Berry. Sous l’ Assemblée Constituante, il est Membre du Comité d’Agriculture et du Commerce et pose les bases du Code Rural. Il participe activement aux débats sur l’impôt foncier, l’assèchement des marais, sur le partage des biens communaux et l’éducation. D’idées progressistes, il est admis à la Société des Amis de la Constitution en 1799 ; il est élu Député du Cher et préside l’Assemblée des Cinq-Cents. 
Après le coup d’Etat du 18 Brumaire 1799, il se retire dans son domaine de La Périsse. Là, il se consacre totalement aux améliorations de l’agriculture et à l’acclimatation du mérinos ce qui lui vaut la médaille d’or de la Société d’encouragement pour l’Industrie nationale. Il  décède à Dun-sur-Auron en 1811. Bien qu’issu de la noblesse,  Jean-Marie Heurtault de Lamerville fut un fervent partisan des idées révolutionnaires modérés et prit une part importante dans le débat sur les projets d’évolution de l’agriculture française à la fin du XVIIIème siècle. 
Les 27 et 28 Mai 2011, un important colloque rassemblant plus de 130 scientifiques de haut niveau s’est tenu à Dun-sur-Auron pour rendre hommage à son œuvre et une rue a été inaugurée à son nom. Son descendant, Emmanuel de Lamerville perpétue le souvenir de son illustre aïeul.

Source : « L’Echo du Berry »  en date du 1er - 8 juin 2011.

 

Max Hymans

Né le 2 mars 1900 à Paris, il s’éteint pratiquement jour pour jour soixante et un an plus tard le 7 mars 1961. Tout en menant des études de Droit il obtient un diplôme d’ingénieur des Arts et Manufactures. Il entre comme ingénieur en chef aux chantiers de Clairoix dans l’Oise, puis se retrouve avocat en 1927 au barreau de Paris.

Mais c’est dans l’Indre à Valençay où il possède une maison qu’il se lance en politique, Conseiller municipal dès 1929, conseiller Général  de 1931 à 1940, puis de 1945 à 1961. Il est élu député de la 2e Circonscription de Châteauroux en 1928, réélu en 1932 et 1936, inscrit à la SFIO. A deux reprises il occupe les hautes  fonctions de secrétaire d’Etat aux finances et au commerce.

En 1933, il quitte la SFIO pour le Parti socialiste de France-Jean Jaurès. Ce nouveau parti, présidé par Max Bonnafoux, compte une quarantaine de parlementaires. Comme tous les néo-socialistes, Max Hymans était partisan d'une collaboration gouvernementale avec les radicaux, ce que refusait la S.F.I.O., puisil adhérera à l'U.S.R. (Union Socialiste Républicaine).

Max Hymans s'est rendu deux fois en URSS, en qualité de rapporteur de la commission de l'Air. Il en est revenu chaque fois, encore plus persuadé de la puissance de l'armée Soviétique. C’est précisément en tant que rapporteur du budget de l'Air à la Chambre, qu’il vote le 31 août en faveur de la fusion des compagnies aériennes en une seule : Air France, est née le 7 octobre 1933. Max Hymans en sera le  Président de 1948 à 1961.

Bien que dégagé de ses obligations militaires en qualité de parlementaire, en 1940, il demande son intégration dans l’armée. Il exige un poste dans un régiment de combat, il reçoit une affectation au premier groupe du 31e régiment d’Artillerie en qualité de Capitaine. En mai il participe aux batailles du Luxembourg, de l’Aisne et de l’Ailette.

Le 10 juillet, venant directement du front, après avoir vécu l'effondrement militaire et avoir été abasourdi par l'exode des populations, il vote les pouvoirs constituants au Maréchal Pétain. Il constate que la politique du Maréchal n'est pas une politique de résistance camouflée, comme il l'espérait. Il s’engage alors dans la résistance, il entre en contact avec la France Libre et le Général De Gaulle. Il organisera entre autres plusieurs réceptions de parachutistes venus d’Angleterre. En 1941 il est condamné à mort par le tribunal de Lyon pour complot contre la sureté de l’Etat. A radio Londres il intervient sous le pseudonyme de Pierre Fromuzeau, il explique ce pseudo : Muzeau est un lieu-dit près de Valençay et « from »est une préposition anglaise « from muzeau » de Valençay.

Max Hymans sera décoré de la Médaille de la Résistance, de la Croix de Guerre avec trois citations, en 1961, il sera élevé au grade de Grand Officier de la Légion d’honneur.

 

Germaine Hugnet

Germaine Pied est née à Paris en 1903. Elle est issue d’une longue lignée issue de Saint-Gemme (Indre) du côté de son père Honoré Pied. Germaine restera tout au long de sa vie très attachée au village familial, dans lequel elle passe l’essentiel de ses vacances. Elle travaille dans les années trente à la Compagnie des lampes Mazda et rencontre à cette époque le surréaliste Georges Hugnet  qu’elle épouse en 1940. Dès lors, ses amis sont Man Ray, Paul et Nusch Eluard, Yves Tanguy, Hans Bellmer, Picasso, Maurice Henry, Denyse et Louis Parrot, Virgil Thomson, Daniel-Henry Kahnweiler, et l’ami de toujours, le peintre André Beaudin dont l’œuvre va se nourrir pendant près de trente années du village brennou de Sainte-Gemme. Immortalisée à plusieurs reprises par ses amis artistes, Germaine participe à certaines activités du groupe surréaliste et joue en 1944 dans la pièce de Picasso, Le désir attrapé par la queue, aux côtés notamment de Simone de Beauvoir. Germaine Hugnet devient par deux fois directrice de galeries d’art, organisant notamment une exposition de Joan Miró.

Puis, à la fin des années quarante, elle prend part à l’activité de l’entreprise familiale de Georges Hugnet, la maison d’art et d’ameublement Hugnet, rue du Faubourg Saint-Antoine, l’une des maisons les plus illustres dans son domaine dont elle va s’occuper pendant plus de vingt ans. Le 14 septembre 1987, Germaine Hugnet est inhumée à Sainte-Gemme, auprès de toute sa famille, de celle d’André Beaudin et de celles d’autres amis.


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Dernière modification : 03/11/2021
 
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