L'EAU ET LE BERRY

COLLOQUE

Les hommes et l'eau en Région Centre

le 25 septembre au Centre d'études supérieures

90, avenue François Mitterrand à Châteauroux



Une assistance nombreuse a assisté à la deuxième rencontre des Académies de la région Centre, le 25 septembre 2010, au Centre d’études supérieures à Châteauroux, (amphithéâtre Roger Dion, 90, avenue François Mitterrand, 36000 Châteauroux) pour écouter les conférenciers de l’Académie du Berry, de l’Académie du Centre, de l’Académie d’Orléans, agriculture, sciences, belles-lettres et arts, de l’Académie des sciences, arts et belles-lettres de Touraine, avec la participation de la Société archéologique, scientifique et littéraire du Vendômois, sur le thème « Les hommes et l’eau en région Centre ». Parmi l’assistance, nous pouvons citer certains membres de l’Académie du Berry dont le Docteur et Mme Bernard Jouve, Maître Antoine Corneloup, Mme Marie-Josèphe Gourlier, les Docteurs Jacques et Geneviève Bor, Mme Michelle Ologoudou-Savignat, et bien sûr notre président, M. Alain Bilot, et moi-même.


Ce colloque fut accueilli par une allocution de bienvenue fort instructive de Mme Anne-Marie Delloye-Thoumyre, adjointe au maire chargée de la culture et du patrimoine, qui a évoqué les développements que connaît cette ville.


Le matin, ont pris la parole, M. Joseph Picard (Académie d’Orléans) sur « Les usages et les ressources en eau de la région Centre », Mme Francesca Lacour (Académie du Centre) sur « Le monde du cloître et l’eau à Châteauroux au Moyen-âge », M. Pierre Gillardot (Académie d’Orléans) sur « Les canaux du Centre : prospérité, déclin et renouveau », M. François Lelong (Académie d’Orléans) sur « L’hydrologie du val d’Orléans, clé de son devenir », M. Philippe Rouillac (société archéologique, scientifique et littéraire du Vendômois) sur « L’eau de la fontaine ou du puits… A table : pots à eau, pichets, etc. en région Centre ».


Après un moment convivial autour du verre de l’amitié et un repas copieux et agréable, les intervenants de l’après-midi ont pris la parole : M. Alain Schulé (Académie de Touraine) sur « Singularité de la Loire médiane (du Bec d’Allier aux confluences tourangelles) », Mme Catherine Réault-Crosnier (Académie du Berry) sur « Les écrivains en Berry et l’eau », Mme Élisabeth Trotignon (Académie du Centre) sur « Évolution d’un paysage entre 1840 et 2010 : le cas de la réserve naturelle de Chérine et sa périphérie (Brenne) », M. Claude-Henri Joubert (Académie d’Orléans) sur « Notre-Dame et l’eau, l’eau et les cathédrales ».


Voici un résumé de chacun des intervenants :


M. Joseph Picard, : Les usages et les ressources en eau de la région Centre


L’examen des usages de l’eau concerne la partie du territoire de la région Centre située dans le bassin Loire-Bretagne. Les quantités et les conditions de l’utilisation de l’eau par les quatre usages principaux sont présentées en portant une attention particulière à la qualité des eaux distribuées dans les réseaux d’alimentation en eau potable.

L’examen des caractéristiques des ressources en eau sollicitées permet d’une part d’apprécier leur aptitude à satisfaire les besoins des hommes, d’autre part de présenter les règles de gestion à mettre en œuvre pour maintenir ou restaurer le meilleur équilibre écologique du milieu naturel en vue d’assurer « le bon état des eaux » prescrit par les directives de l’Union Européenne et la législation nationale.


Mme Francesca Lacour : Le monde du cloître et l’eau à Châteauroux au Moyen-âge


La ville de Châteauroux comptait au Moyen-âge deux abbayes bénédictines citées dès le Xème siècle (Saint-Gildas et Notre-Dame de Déols) et un couvent de frères mineurs ou Cordeliers, fondé dans la première moitié du XIIème siècle.

Installés en bordure d’une rivière ou à proximité d’un ruisseau, les établissements ecclésiastiques ont réussi à s’adapter à la configuration naturelle du site (marécages à Déols, « île » à Saint Gildas). L’existence de fontaines dans l’enclos monastique (attestée à Déols et aux Cordeliers) témoigne d’une gestion parfaitement maîtrisée du réseau hydraulique au sein de l’espace conventuel. Si moines et religieux ont tous pu bénéficier des ressources offertes par la pêche, les abbayes bénédictines seules exploitèrent les moulins jalonnant l’Indre, élément non négligeable de leur vie économique.


M. Pierre Gillardot, Académie d’Orléans : Les canaux du Centre : prospérité, déclin et renouveau.


Autour de la Loire entre Roanne et Tours, de nombreux canaux ont été construits, du XVIIème au XXème siècles. Ils permettaient de faire communiquer le bassin de la Loire avec les bassins fluviaux voisins (canal de Briare, canal d’Orléans, canal du Nivernais, canal du Centre) et de remédier aux difficultés de navigation sur la Loire (canal latéral) et sur certains de ses affluents (canal du Berry).

Leur présence est à mettre en rapport avec l’intense utilisation de la Loire par la batellerie, en dépit des obstacles lié au régime du fleuve et à la fréquence des embâcles. Jusqu’à l’apparition des toueurs puis des remorqueurs, la Loire était néanmoins plus navigable que la Seine dont les méandres rendaient impossibles l’utilisation de la voile. Elle était « la veine du royaume ».

La Loire a été délaissée par la navigation dans la seconde moitié du XIXème siècle. Le trafic marchand sur les canaux en a été perturbé au point que certains ont été complètement abandonnés, tels celui d’Orléans et de Berry. Il subsiste un faible trafic commercial sur le canal de Briare et le canal latéral. Mais, presque partout, la navigation de plaisance a pris le relais. Son succès est à l’origine du projet de remise en état du canal d’Orléans, en cours de réalisation. De nombreux ports de plaisance, tel celui de Briare, attestent de la vitalité ainsi retrouvée.


M. François Lelong, Académie d’Orléans : L’hydrologie du val d’Orléans, clé de son devenir.


Entre la forêt d’Orléans au nord et la Sologne au sud, vastes espaces boisés implantés sur les terrains peu fertiles du Miocène, s’étend le val d’Orléans, plaine alluviale de la Loire. C’est un large et plat couloir, enfermé dans les digues, lieu de passage, d’échanges, d’activités humaines et économiques, avec une agriculture intensive (maraîchage, horticulture, céréalicultures) et aussi de nombreux habitats et lotissements exposés aux débordements du fleuve.

Pourquoi cet élargissement de la vallée, à l’amont d’Orléans ? Pourquoi son attrait et ses richesses ? Pourquoi des interrogations sur son avenir ? Les potentialités incontestables du Val (proximité d’une grosse agglomération, caractère imprévisible et sauvage du fleuve, attractivité des coteaux, nature du sol, abondance des ressources en eau) créent un appel au développement, mais aussi une compétition entre des activités parfois antagonistes, que l’on devra apprendre à gérer. Le caractère sauvage du fleuve, ses sautes de régime, l’originalité de son appendice le Loiret, les échanges intenses et imprévisibles entre eaux de surface et eaux souterraines, tous ces aléas de la nature ne risquent-ils pas de contrarier les enjeux économiques ? Un SAGE (schéma d’aménagement et de gestion des eaux) en cours d’adoption saura-t-il concilier les intérêts de l’homme et de la nature ?


M. Philippe Rouillac, société archéologique, scientifique et littéraire du Vendômois : L’eau de la fontaine ou du puits… À table : pots à eau, pichets, etc. en région Centre.


L’eau de la fontaine ou du puits… à la table : ou comment l’homme ligérien transporte-t-il, conserve-t-il cette précieuse denrée ?

Du bois travaillé, à la terre cuite, poreuse jusqu’au verre étincelant mais fragile, les matières ont évolué en fonction des productions locales et de l’importance sociale du bénéficiaire. Bac, broc, seau, pot, pichet, aquamanile, burette. Autant d’appellations que de rôles, de fonctions rurales comme citadines ou sacrée comme religieuse. Nos musées de la région regorgent de témoignages, qui ont illustré le propos d’ethnologie de la vie sociale et domestique au cours des âges.


M. Alain Schulé, Académie de Touraine : Singularité de la Loire médiane (du Bec d’Allier aux confluences tourangelles).


La Loire constitue la colonne vertébrale de la Région Centre. Son tracé, en effet, englobe la plus grande partie du territoire. Cette géométrie est le produit d’une histoire originale et récente. Elle a pour conséquence d’individualiser le cours médian du fleuve entre deux nœuds hydrographiques, le Bec d’Allier et les confluences tourangelles, entre lesquels ses débits conservent une remarquable invariance. Les oscillations climatiques et évolutions sociétales ne cessent d’exercer leurs effets sur le régime et les biocénoses qui la caractérisent.


Mme Catherine Réault-Crosnier, Académie du Berry : Les écrivains en Berry et l’eau


De nombreux écrivains en Berry ont abordé le thème de l’eau dans leurs écrits : George Sand décrit l’eau en des tableaux intimes, emplis de fraîcheur ; Maurice Rollinat, voit une eau fantastique, morbide ou apaisée dans la nature ; Alain-Fournier présente une eau discrète communiant avec nos états d’âme ; Jean Giraudoux sublime l’eau légère vers la souffrance et la mort ; Léon-Paul Fargue nous entraîne vers une eau rêveuse ou souffrant de ses blessures ; Jean de Boschère nous révèle la fraîcheur de l’eau mystérieuse dans l’intimité de notre moi ; Jean-Louis Boncœur rend l’eau inquiétante ou calme. Henri Pichette aspire à une eau envoûtante, faite d’instinct, de promesse, de réminiscences. L’eau est aussi présente dans les œuvres de Zulma Carraud, Jacques des Gachons, Gabriel Nigond, Émile Vinchon, Georges Lubin et quelques contemporains dont notre collègue de l’Académie du Berry, Jean-Christophe Rufin et Sylvie Germain.


Mme Élisabeth Trotignon, Académie du Centre : Évolution d’un paysage entre 1840 et 2010 : le cas de la réserve naturelle de Chérine et sa périphérie (Brenne).


La Brenne est « le pays des étangs » mais ces derniers sont loin d’être immuables. Créés à partir du Moyen-âge, ils n’ont cessé d’évoluer dans le temps comme dans l’espace. Par ailleurs ils se placent dans un environnement particulier, fait de prairies, landes, boisements, labours, qui lui aussi, a bien bougé. Une étude fine du périmètre de la réserve naturelle de Chérine et de sa périphérie (3000 hectares environ) montre à quel point cet ensemble a varié, en surface comme en richesses naturelles, et cela dans un contexte socio-économique bien particulier, lui aussi évolutif : le paysage d’hier, comme sa perception, n’a donc plus grand-chose à voir avec celui que nous connaissons aujourd’hui.


M. Claude-Henri Joubert, Académie d’Orléans : Notre-Dame et l’eau, l’eau et les cathédrales.

Le thème traité a donné l’occasion de survoler bien des siècles souvent par des raccourcis audacieux : le puits des Saints Fort à Chartres, digues, terrasses, canaux et aqueducs. L’eau et le passage : le baptême et l’octogone. Sources et fontaines. Des fées à Marie. L’eau créatrice : Thalès de Milet, Boticelli, Gaston Bachelard…saint Bernard de Clairvaux, miel, lait et eau : Notre Dame, « cet aqueduc tant désirable ». La Vierge liquide de Gautier de Coinci.


À la fin de cette journée, notre hôte le Président de l’Académie du Centre, M. Jean-Pierre Surrault, a remercié les participants et signalé que nous serions accueilli en 2011 par l’Académie de Touraine, le thème retenu étant « L’identité régionale du Centre ». Nous donnons donc rendez-vous à tous, à Tours, l’an prochain pour assister au troisième colloque des Académies de la région Centre.



                                                          Mme le Dr. Catherine Réault-Crosnier


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LES ÉCRIVAINS EN BERRY ET L’EAU


ACADÉMIE DU BERRY


Conférence de Catherine Réault-Crosnier

Présidente des Amis de Maurice Rollinat

Membre du Haut-Conseil de l’Académie du Berry


avec portraits à l’encre de Chine de l’auteur


            Nous parlerons des écrivains berrichons qui ont consacré une grande place à l’eau dans leurs écrits dont George Sand, Maurice Rollinat, Jean Giraudoux, Léon-Paul Fargue, Jean de Boschère, Jean-Louis Boncœur, Henri Pichette et bien d’autres.


                                                             



George Sand (1804 – 1876) est sensible à la présence de l’eau, vivante pulsation de la nature qu’elle unit aux états d’âme des personnages. Dans La Mare au diable (1846), l’eau est présente aux moments cruciaux. Elle cache le paysage puis le restitue comme par magie à un instant précis, aidant à l’apparition d’une relation affective entre Germain et la jeune fille Marie : Ce qui l’empêchait alors de s’orienter, c’était un brouillard qui s’élevait avec la nuit, un de ces brouillards des soirs d’automne que la blancheur du clair de lune rend plus vagues et plus trompeurs encore. » (La Mare au diable, p. 59).


            Dans d’autres romans comme dans François Le Champi ou Le Meunier d’Angibault, George Sand aborde rarement le thème de l’eau mais parfois l’évoque en des tableaux emplis de fraîcheur : « La rivière, abandonnée à son caprice, s’était creusé, dans le sable et dans l’herbe, un réseau de petits torrents qu’aux jours d’été, dans les eaux basses, les plantes fontinales couvraient de leurs touffes vigoureuses. » (Le Meunier d’Angibault, p. 1)


            Dans La Petite Fadette, l’eau est là en harmonie avec la révélation des sentiments. Elle peut paraître frivole, insouciante et presque humaine : « (…) la rivière coulait bien tranquillement, frétillant sur les branches qui pendaient (…), comme quelqu’un qui rit et se moque à la sourdine. » (La Petite Fadette, p. 65).


            George Sand se fie aux gens du pays qui savent les dangers de l’eau trompeuse : « Chacun sait pourtant qu’il y a danger à rester au bord de notre rivière quand le grand vent se lève. » (id., p. 94) Elle utilise les proverbes sur l’eau, en les faisant correspondre à un moment précis du récit : « (…) il n’y a pire eau que celle qui dort, et il n’est pas toujours sain d’en remuer le fond. » (id., p 394)


            Oui, George Sand décrit toujours l’eau avec respect et amour.


                                                             



Maurice Rollinat (1846 – 1903) a apprécié les bords de la Creuse dès sa jeunesse et a vécu vingt ans à Fresselines. Dans l’œuvre de ce fameux pêcheur, l’eau a une place primordiale et caractéristique de sa poésie côtoyant fantastique, morbide et apaisement dans la nature. Il décrit l’eau par le biais des paysages, des animaux, de la pêche, d’une rivière, dans de nombreux poèmes : « La mare aux grenouilles » (Dans les Brandes, p. 52), « Le crapaud » (id., p. 116), « L’écrevisse » (id., p. 147), « Le pêcheur à la ligne » (id., p. 194), « Le grand Chat pêcheur » (Les Bêtes, p. 77), « La loutre » (Dans les Brandes, p. 258), « La Salamandre » (Les Bêtes, p. 45), « Le Rat d’eau » (id., p. 59).


            Maurice Rollinat respecte toute bête de même qu’il aime autant l’eau boueuse ou furieuse que la calme pluie. Dans son livre Les Apparitions, l’eau prend des connotations de mort et d’horreur à la Edgar Poe : « Dans les bourbiers », ce poète voit des linceuls (Les Apparitions, p. 163) ; « Le batelier » devient un spectre (id., p. 242).


            Dans Paysages et Paysans, l’eau peut être décrite de manière pittoresque, près des gens de la campagne comme dans « Le Vieux Pêcheur » : « J’entendis l’homme chuchoter : / « C’te nuit ! fait-i’ bon exister ! / Pour voir l’eau s’ens’mencer d’la lune. » » (Paysages et Paysans, p. 293)


            Maurice Rollinat vit au rythme de l’eau et il lui rend un vibrant hommage : « J’ai toujours eu la curiosité de l’eau, de cette chose d’ombre vitreuse qui flue dans la terre, et, comme les astres qu’elle répercute, brille, s’assombrit, se rallume, s’éteint. (…). J’ai l’inquiétude, le goût maniaque de cette masse reluisante, à la fois glauque et verdâtre, (…) » (En errant, Pêcheurs de truites, p. 3).


                                                                   



Léon-Paul Fargue (1876 – 1947). Ses poésies peuvent être emplies d’eau de manière singulière : sous forme d’un « voile de larmes » (Poésies, p. 57), « Sur un banc triste aux yeux de pluie » (id., p. 53), par « Les yeux de l’orage (...) » (id., p. 71), « d’entre les nuages » (id., p. 78). L’eau peut être entrevue avec des images presque surréalistes, à travers le peuple qui grouille en son sein : « Une grenouille gymnaste crève la mare comme un cerceau de crépon vert. » (id., p. 117). L’eau se retrouve dans les rivières « encore toutes bleues d’ombre avec une écharpe de brume » (id., p. 113), un fleuve qui « parle sous les vieilles arches à d’obscures choses qui passent.. » (id., pp. 79 et 80) ; arches et ponts reviennent d’ailleurs au fil de l’œuvre, sous la force de l’eau fougueuse : « L’arche d’un pont semble monter comme une trombe.. L’écluse embouche, par ses hautes portes grinçantes et criblées de blessures, les longs clairons de l’eau stridente. » (id., p. 91). La pluie peut avoir un côté apaisant : « La pluie d’été vient de s’assoupir et partout les rigoles rêvent dans les pentes.. » (id., p. 94), ou révéler la tristesse : « La nuit pleure ses larmes grises entre les sapins (…) » (id., p. 95). Léon-Paul Fargue aime cette eau qui vit, bouge, se fait entendre, apaise ou pleure, souffre de ses blessures comme un être humain.



                                                                 

                                                         


Jean de Boschère (1878 – 1953) est belge, poète, peintre, critique d’art, romancier. Je remercie son légataire universel, M. Alain Bilot, président de l’Académie du Berry, pour son aide à une meilleure connaissance de cet auteur qui a vécu à La Châtre à la fin de sa vie. Ses écrits sont imprégnés de son admiration pour la nature ; ils peuvent s’illuminer de leur obscurité qui est une lumière intérieure à déchiffrer. L’eau nous aide à révéler son message à décoder pour chacun d’entre nous, dans l’intimité de notre moi :

« Le garrot d’écume encercle le dieu

(…)

les flots religieux reprennent la nuit

avec l’écheveau d’argent des crinières

et les yeux s’emplissent de larmes (…) »

(« La mort de Neptune », Dressé, actif, j’attends, p. 90)


            La plainte du poète se mêle au mysticisme et au mystère. L’eau devient messager de sa pensée. Dans son livre La fleur et son parfum, il décrit la fleur en botaniste et en philosophe, avec beaucoup de fraîcheur et de légèreté. L’eau est parsemée à travers les fleurs couvertes de rosée, ou près d’un étang, d’un ruisseau : « Son parfum est celui de l’eau peu profonde (…). Il y a toujours sur l’onde quelques bonds de truite ou, devant les roseaux, la flèche bleue d’un martin-pêcheur, et plus loin, image de bonheur, quelqu’un lit dans l’ombre d’une Pluie d’or. » (La fleur et son parfum, p. 114)


                                                                       


         

  Jean Giraudoux (1882 – 1944). L’eau est éparpillée au fil de l’œuvre de Jean Giraudoux, certainement réminiscence de son adolescence limousine et berrichonne. Il utilise des métaphores aquatiques dans toute son œuvre romanesque. L’eau, lorsqu’elle est présente, est minutieusement décrite comme dès la première page de Provinciales, en symbiose avec la nature : « C’est l’heure où le meunier ouvre ses vannes ; le ruisseau monte et les emporte avec l’eau restée dans les trous, l’eau qui a déjà oublié si elle vient du moulin ou de la pluie ; (…) » (Jean Giraudoux, Œuvres romanesques complètes, tome I, Provinciales, p. 21).


            C’est comme nous le dit Jacques Body, le grand spécialiste de Jean Giraudoux, l’eau des ponts, écluses, fontaines qui correspond à « la civilisation étale, immobile et profonde comme un étang, symbole de la mémoire humaine » (Jacques Body, Jean Giraudoux, La légende et le secret, p. 46). L’eau peut se mêler à l’imagination de l’écrivain, aux légendes antiques ou à la mythologie.


            Dans sa pièce de théâtre, Ondine qui est l’un des plus beaux chants d’amour de la littérature française, l’eau a la première place. Cette fille des eaux qui a été trouvée au bord d’un lac (Ondine, p. 38), vivra son amour humain comme un grand éclat de rire et aussi par contraste jusqu’à la lie car elle met l’amour au-dessus de tout ; sa rêverie ruisselante est un bel hommage à l’eau en toute sa vivacité, sa grandeur, sa beauté. Ici, la féérie domine le réel et l’eau imbibe la vision de l’amour. Ondine est comme l’eau, elle fuit et on ne sait jamais si elle va revenir (id., p. 42). Quand Ondine confie le soin de l’eau à d’autres, pour se consacrer à son amour, elle a le langage d’une mère pour son enfant. Et même lorsque la mort approche, Ondine parle encore d’eau et d’amour : « Je dressais mon corps (…) Au fond du Rhin, même sans mémoire, il ne pourra que répéter les mouvements que j’avais près de toi. (…) J’aurai notre chambre au fond des eaux. » (id., pp. 124 et 125)


            Jean Giraudoux a sublimé l’eau avec l’amour et la mort et cette grandeur ne l’a pas empêché de parler de la légèreté de l’eau, de sa vie, de son rire, de sa poésie vers une renaissance.

                                                                         



Alain-Fournier (1886 – 1914) a passé son enfance en Sologne et dans le Bas-Berry, à Épineuil-le-Fleuriel qu’il décrira dans Le Grand Meaulnes. Dans ce roman, l’eau est à peine esquissée, simple humidité de la nature, en symbiose avec Meaulnes qui marche vers un ailleurs : « l’eau des fossés coulait sous la glace. Tout faisait pressentir l’approche d’une rivière. » (p. 40), « Le givre fondait et l’herbe mouillée brillait comme humectée de rosée. » (p. 64)


            Meaulnes a la mort dans l’âme à l’idée de cette femme qu’il ne reverra pas et ses sentiments sont en union avec l’eau devenue neige qui efface tout : « (…) la neige tomba, ensevelissant définitivement notre roman d’aventures de l’an passé, brouillant toute piste, effaçant les dernières traces. » (p. 132)


            Les images du passé affleurent dans le flou de l’eau. La nature pleure à l’unisson de Meaulnes, communiant avec les états d’âme de l’auteur, eau brillante de rosée, miroir d’un passé perdu ou simples larmes du souvenir.

                                                                 


                                                                 


Georges Bernanos (1888 – 1948) est berrichon par sa mère qui a habité à Pellevoisin dans l’Indre, il est d’ailleurs enterré dans ce village.


            L’eau est parsemée dans son roman Sous le soleil de Satan, alors que dans Nouvelle histoire de Mouchette, l’eau est omniprésente. L’eau est là quand Mouchette, toute jeune fille ne revient pas à la maison familiale. La tempête semble s’unir à son angoisse : « (…) le vent (…) creuse ça et là, au plus épais du taillis cinglé par la monstrueuse averse, de véritables tourbillons (…). » (Nouvelle histoire de Mouchette, p. 25)


            Quand elle rencontre un copain de beuverie de son père qui l’emmène dans sa cabane, l’eau est à l’unisson de son cœur et Mouchette entend : « l’égouttement de la pluie et parfois l’écroulement d’une branche morte, brisée par l’ouragan, (…). » (id., p. 39). L’eau est acteur quand l’homme lui raconte le crime qu’il a commis : « Même si le coup ne lui avait point fendu le crâne, l’eau devait finir par l’étouffer. » (id., p. 55). Quand elle reste près de lui, provoquant le désir du mâle, « Il lui semblait qu’engagée sur une pente de neige, elle perdait presque aussitôt conscience de la vertigineuse descente. » (id., p. 65). L’irréparable se produit, quand il la viole à demi-consciente après l’avoir fait boire. Il dort. Elle sort et retrouve la trace de la pluie dans laquelle elle voudrait se confondre : « Le sable, raviné par la pluie, se creuse sous son poids, en sorte qu’elle y disparaît presque toute entière. » (id., p. 75) L’eau est près de son corps violé : « Oui, ventre plat dans la boue glacée – ce ventre qui lui fait mal (…). » (id., p. 118) L’eau est discrète quand elle essaie de se souvenir de son enfance et elle ne voit qu’un « paysage de brume » (id., p. 170). L’eau trouble, attirante, est aussi symbole de la douceur qu’elle n’a jamais reçue : « La vase du fond était d’un gris presque vert, douce aux yeux comme un velours. » (id., p. 180) L’eau semble venir à son secours quand elle avance consciemment vers le suicide : « L’eau insidieuse glissa le long de sa nuque, remplit ses oreilles d’un joyeux murmure de fête. » (id., p. 181) Georges Bernanos nous montre crescendo la place de l’eau qui entre en communion avec cet être frêle, fragile, blessé, sans affection ; l’eau est unie à Mouchette jusque dans sa mort.

                 

             

                                                                                             



Jean-Louis Boncœur (1911 – 1997) est né et mort à La Châtre, il était membre de l’Académie berrichonne.


            Ce « berger conteur de la Vallée noire », chroniqueur de l’insolite, parle de l’eau avec simplicité, précision et beauté comme dans son conte pour enfant Le Serpent d’Or ou dans son livre Le Village aux sortilèges. Il emploie des expressions du terroir comme la « mosière », petit marécage (Le moulin de la Vieille Morte, p. 45). Il peut donner vie à l’eau, parlant de sa « voix grave » (id., p. 2) ou du « clapotis des vaguelettes qui faisait un bruit mouillé de baisers » (id., p. 232).


            Dans Le moulin de la Vieille Morte, l’eau peut être inquiétante comme lorsqu’elle restitue le corps mort qu’elle a déformé et imbibé de son odeur de vase et d’algues. L’eau est aussi à l’honneur, par les modes de pêche, d’appât, les types de poissons selon les endroits (Le moulin de la Vieille Morte, p. 63), les gens du pays au contact de l’eau comme le braconnier qui « vidait, en plein jour, les écluses de tous les moulins de la Sinaize pour rafler, au panier, dans la vase les « carbeaux » (chevesnes) de la fausse rivière… » (id., pp. 31 et 32).


            Dans Le Diable aux champs, Jean-Louis Boncœur fait revivre les superstitions, légendes, miracles, guérisons avec « Les meneurs de nuées » (Le Diable aux champs, p. 92), les « Eaux maléfiques et sources saintes » (id., p. 169), etc.


            À l’écoute des traditions du Berry, Jean-Louis Boncœur nous conte l’eau dans sa diversité et son milieu naturel.


                                 

                                                       




Henri Pichette (1924 – 2000) est né à Châteauroux. Chez ce poète résolument contemporain, dans son livre Apoèmes, l’eau s’entremêle au chaos de la guerre : « Un souffle marin te plaque (…) explosion d’écume. » (Apoèmes, p. 60) Dans son livre Odes à chacun, il vaporise l’eau comme dans son poème « Ode au matelot » (Odes à chacun, p. 51) ou lui donne la première place dans « Ode à la neige » (id., p. 70). Sous sa plume, l’eau bat au rythme de la vie, à la fois douce et violente, « capricieuse », « tourbillonnante », « ouatée », « poudreuse » (id., p. 70).


            Elle est symbole de beauté légère, de fragilité lorsqu’elle « papillonne », trésor ou diamant lorsqu’elle devient « cristaux », symbiose avec la nature quand elle est « pluie de plumes de mouettes muettes » (id., p. 71). Elle garde un aspect envoûtant lorsqu’elle est « épaisse, assoupissante et ensevelissante » (id., p. 72) ce qui peut alors la rapprocher des brumes du Berry et de l’envoûtement décrit par George Sand. Elle est aussi image philosophique, trésor inestimable et vital vers l’union avec le battement de la vie de l’univers, miroir de pureté à préserver et d’infini lorsqu’elle apparaît « blanche autant qu’absolue » ou « neiges du Harfang aux iris jaune d’or » (id., p 72).



L’eau a aussi une place dans l’œuvre de nombreux autres écrivains berrichons :

                                           

                                                       


Zulma Carraud (1796 – 1889), est l’auteur d’historiettes pour les enfants. Comme nous le dit Isabelle Papieau, « l’œuvre de Zulma Carraud est imprégnée de l’héritage des Lumières, marié avec l’imaginaire romanesque (…). » (conférence du 13 juin 2009 pour l’Académie du Berry). Dans son livre pour les enfants, Les métamorphoses d’une goutte d’eau (1864), Zulma Carraud suit la vie d’une goutte d’eau. L’eau est multiple dans sa conception, son évolution ; elle peut devenir « boue » (Les métamorphoses d’une goutte d’eau, p. 33) ou « grêlon » (id., p. 37), « glace » (id., p 51), subir l’assaut de l’industrialisation (id., pp. 9 et 33), être humanisée pour tendre vers l’éternité car elle rêve d’être « réunie aux glaces éternelles. » (id., p. 72) ;

                                                   

                                                                 


Henri de Latouche (1785 – 1859), (Directeur du journal Le Figaro), avec ses poèmes « L’écluse » qui décrit Crozant (Adieux, p. 315) et « Un moulin sur la Creuse » (Encore Adieu, p. 112) ;

                                     

                                           




Joseph Barbotin (1847 – 1918), chansonnier et poète patoisant, appréciait aussi les chansons à boire, sans dédaigner l’eau comme dans son recueil Au bord de la Creuse (1912) ;


Jacques des Gachons (1868 – 1971), journaliste et romancier, évoque la brume au rythme des malheurs et des espoirs des hommes, dans La Vallée Bleue (1912), celle de George Sand : « Ce bleu laiteux de la vallée(…), la couleur de son pays et la couleur de son âme, tout en douceur et en étendue. » (Jacques des Gachons, La Vallée bleue, p 48) ;

                                             

                                                                   



Gabriel Nigond (1877 – 1937) fait vivre l’eau de manière émouvante dans le très beau conte « Le moulin qui dort » (extrait de son livre Contes de la Limousine (1907)). Il associe la mort de son moulin à celle des êtres chers disparus et nous transmet sa nostalgie d’un passé qui ne reviendra pas : « La roue qui trente ans s’est mouvée/ Et qui n’se mouv’ra jamais plus !(… ») (id., p 150) ;

                                                   

                                                       

                                                                 


Henri de Monfreid (1879 – 1974) décrit brièvement l’eau, dans le sillage de ses livres où sa vie d’aventurier a la première place, près d’une mer omniprésente comme dans Les Secrets de la mer rouge où « La mer, retirée à l’accore du récif, emplit l’air lumineux de son bruit. Elle semble être la voix de cette écume blanche qui, éternellement, frange le bleu profond de l’océan sans âge. » (Les Secrets de la mer rouge, p. 18) ;


Émile Vinchon (1880 – 1963), premier président des Amis de Maurice Rollinat (de 1946 à 1963), célèbre l’eau dans Les Glanes de Saint-Benoît-du-Sault où les cascades abondent. Dans L’arbre et l’eau chez Maurice Rollinat (petit fascicule paru en 1930), il analyse la place de l’eau chez ce poète, celle du ciel, des rivières, des larmes et nous dit : « Rollinat (…) a erré sur les bords de la Creuse ; il se dresse comme le poète qui a compris et chanté l’eau (…). » (L’arbre et l’eau chez Maurice Rollinat, p. 16) ;

                                                   

                                           

                                                             



Jérémie Brunaud (1896 – 1992), trésorier de l’association des Amis de Maurice Rollinat pendant quarante ans, libraire à Argenton-sur-Creuse (en 1933), célèbre l’eau en poésie dans son recueil Belle Creuse (prix de l’Académie française en 1962) ;

                                               

                                                                 




Gisèle Barbotin (1900 – 1958), (mère de Jean Anatole) aborde le thème de l’eau dans son livre de poésie Toute vie a son charme, par exemple dans le poème « La Venise du Berry » ;


- Georges Lubin (1904 – 2000), président des Amis de Maurice Rollinat pendant seize ans, décrit dans son livre George Sand en Berry, les paysages que George Sand a aimés, imprégnés d’eau à l’état latent ou ruisselant. Il parle de ce pays avec délicatesse, comme du corps d’une femme : « C’est dans les plis de ses vallées, dans ces fraîches aisselles de la terre, qu’il faut aller chercher ses grâces discrètes, les bocages verts (…), les toits moussus (…). » (George Sand en Berry, p. 10) ;


Jean Anatole (1920 – 2008), (secrétaire des Amis de Maurice Rollinat pendant vingt-sept ans), a publié Personnages ayant marqué la ville d’Argenton-sur-Creuse et sa région (livre dans lequel l’eau est présente à travers la Creuse) ;


Jean-Mary Couderc et Régis Miannay co-auteurs de Le Berry insolite et Berry où l’eau a une place importante ;


Gérard Coulon a un rapport certain à l’eau en particulier dans ses livres La Brenne et les écrivains et Argenton-sur-Creuse et ses écrivains coécrit avec Pierre Brunaud ;


Jean-Christophe Rufin (né en 1952 à Bourges, membre de l’Académie du Berry depuis 2003, élu membre de l’Académie française en 2008) aborde le thème de l’eau par le biais de l’histoire comme dans Rouge Brésil (prix Goncourt 2001) ou dans Sauver Ispahan. L’eau est intégrée dans le paysage, vue à travers la mer et les voyages ; elle n’est jamais berrichonne ni décrite pour elle-même ;



                                               





Nancy Huston, Française d’adoption (prix Femina en 2006 pour Lignes de faille), s’inspire des paysages du Boischaut dans Instruments des ténèbres (1996) et Une adoration (2003). Son rapport avec l’eau est minime mais lorsqu’elle l’utilise, elle nous immerge dans la profondeur de sa présence par exemple dans la fougue puis l’extase de l’élan amoureux. Dans Adoration, il peut être intégré à la fois dans l’amour physique et dans le paysage : « Partout où il posait les mains c’était comme la neige fondant au printemps, de petites rigoles se précipitant pour remplir à ras bord chaque creux, chaque brèche, chaque fosse et chaque ravine du paysage, (…) » (Une adoration, p. 26) ;

                                                               


Sylvie Germain
(née à Châteauroux en 1954), où dans Tobie des Marais (prix Jean Giono), les descriptions de l’eau sont belles, poétiques, emplies d’une force naturelle pouvant aller jusqu’à la violence sauvage : « D’un coup le ciel se minéralisa, il se fit schiste bleu de nuit. (…) Le schiste vira au violet-noir, puis se lacéra. (…) Une pluie torrentielle assaillit la terre. » (Tobie des Marais, p. 13) Cette vision de déluge ou d’apocalypse nous rappelle que Sylvie Germain garde contact avec le mysticisme et la Bible (p 14, p 19). Avec elle, (dans Tobie des marais), l’eau a une puissance vivante et une beauté poétique étonnante qui tendent vers la lumière et l’espérance.



            En conclusion, l’eau au fil des siècles, a attiré ou fasciné les écrivains en Berry qui lui ont rendu un vibrant hommage.



Catherine RÉAULT-CROSNIER

54, rue du Docteur Ledouble – 37000 TOURS

Tél. : 02 47 61 43 08.

Courriel : cathregis.crosnier@aliceadsl.fr

Site Internet : www.crcrosnier.fr





Bibliographie :


Alain-Fournier, Le Grand Meaulnes, Bibliothèque Rouge et Or, Société nouvelle des éditions G.P., Paris, 1959, 223 pages


Jean Anatole, Personnages ayant marqué la ville d’Argenton-sur-Creuse et sa région, Imprimerie Le Trépan, Argenton-sur-Creuse, 2007, 171 pages


Joseph Barbotin, Berry magazine, n° 35, mars 1995, Terroir, Joseph Barbotin le chausseur que la muse taquinait


Gisèle Barbotin, Toute vie a son charme, Éditions de la revue du Centre, 1936, 116 pages


Georges Bernanos, Sous le soleil de Satan, Librairie Plon, Paris, 1926, 363 pages

Georges Bernanos, Nouvelle histoire de Mouchette, Plon, Paris, 1937, 181 pages


Jean-Louis Boncœur, Le Village aux sortilèges, éditions Fayard, Paris, 1979, 412 pages

Jean-Louis Boncœur, Le Serpent d’Or, éditions Magnard, Paris, 1980, 29 pages

Jean-Louis Boncœur, Le Diable aux champs, éditions Fayard, Paris, 1981, 378 pages

Jean-Louis Boncœur, Le moulin de la Vieille Morte, éditions Christian Pirot, Saint-Cyr-sur-Loire, 1983, 243 pages


Jean de Boschère, Dressé, actif, j’attends, Orphée La différence, Paris, 1991, 128 pages

Jean de Boschère, La Fleur et son parfum, éditions Christian Pirot, Saint-Cyr-sur-Loire, 1984, 162 pages


Jérémie Brunaud, Belle Creuse, Éditions Laboureur & Cie, 1946, 157 pages


Bulletin des Amis de Maurice Rollinat n° 5, Georges Lubin, Hommage à nos disparus, Émile Vinchon et Émile Ballereau, 1965, 20 pages


Jean-Mary Couderc et Régis Miannay, Le Berry insolite, CLD éditions, Tours, 2006, 191 pages

Collectif, Berry, Christine Bonneton éditeur, Paris, 2008, 319 pages


Gérard Coulon, La Brenne et les écrivains, Une anthologie littéraire, Collection Terroirs littéraires, Édition Royer, Paris, 1999, 200 pages

Gérard Coulon, Pierre Brunaud, Argenton-sur-Creuse et ses écrivains, Coll. Terroirs littéraires, Édition Royer, Paris, 1996, 135 pages


Jacques des Gachons, La Vallée Bleue, Nelson éditeurs, Paris, 1930, 285 pages


Zulma Carraud, Les métamorphoses d’une goutte d’eau, Librairie de L. Hachette et Cie, 1865, 216 pages


Léon-Paul Fargue, Poésies, NRF, Poésie/Gallimard, Paris, 2003, 159 pages


Sylvie Germain, Tobie des marais, Folio Gallimard, Paris, 2009, 265 pages


Jean Giraudoux, Œuvres romanesques complètes, tome I, La Pléiade, Gallimard, Paris, 1990, 2005 pages

Jean Giraudoux, Ondine, Le livre de Poche, Librairie Générale Française, Paris, 2009, 157 pages

Jacques Body, Jean Giraudoux, La légende et le secret, PUF écrivains, Paris, 2002, 176 pages


Nancy Huston, Instruments des ténèbres, Actes Sud / Léméac, Arles et Montréal, 1996, 411 pages

Nancy Huston, Une adoration, Actes Sud / Léméac, Arles et Montréal, 2003, 399 pages

Nancy Huston, Lignes de faille, Actes Sud, Arles, 2006, 487 pages


Henri de Latouche, Vallée aux loups : souvenirs et fantaisies, Alphonse Levavasseur, Paris, 1833, 426 pages

Henri de Latouche, Adieux, Imprimerie de Lacour et Maistrasse, Paris, 1844, 364 pages

Henri de Latouche, Les Agrestes, Imprimerie de Lange, Lévy Paris, 1845, 154 pages

Henri de Latouche, Encore Adieu, Garnier Frères, Paris, 1852, 237 pages


Georges Lubin, George Sand en Berry, Librairie Hachette, 1967, 174 pages


Henry de Monfreid, Les Secrets de la Mer Rouge, Le Livre de Poche, Paris, 1968, 439 pages


Henri Pichette, Apoèmes, NRF, Poésie/Gallimard, 1995, 123 pages

Henri Pichette, Odes à chacun, Gallimard, Paris, 1988, 153 pages


Maurice Rollinat, Les Névroses, G. Charpentier, 1883, 399 pages

Maurice Rollinat, Dans les Brandes, poèmes et rondels, G. Charpentier, 1883, 281 pages

Maurice Rollinat, La Nature, poésies, G. Charpentier et E. Fasquelle, 1892, 350 pages

Maurice Rollinat, Les Apparitions, G. Charpentier et E. Fasquelle, 1896, 310 pages

Maurice Rollinat, Paysages et Paysans, poésies, Bibliothèque Charpentier, E. Fasquelle, 1899, 332 pages

Maurice Rollinat, En errant – proses d’un solitaire, Bibliothèque Charpentier, E. Fasquelle, 1903, 325 pages

Maurice Rollinat, Ruminations – proses d’un solitaire, Bibliothèque Charpentier, E. Fasquelle, 1904, 296 pages

Maurice Rollinat, Les Bêtes, poésies, Bibliothèque Charpentier, E. Fasquelle, 1911, 234 pages


Jean-Christophe Rufin, Sauver Ispahan, Folio Gallimard, Paris, 2000, 645 pages

Jean-Christophe Rufin, Rouge Brésil, Folio Gallimard, Paris, 2003, 603 pages


George Sand, La Mare au diable, François Le Champi, Classiques Garnier, Paris, 1962, 443 pages

George Sand, La Petite Fadette, Le Livre de poche, Paris, 1984, 278 pages

George Sand, Les Maîtres Sonneurs, Folio, Gallimard, Paris, 1979, 532 pages

George Sand, Œuvres illustrées, tome 4, Édition J. Hetzel, Paris, 1853, 319 pages (pour Le Meunier d’Angibault)


Émile Vinchon, L’arbre et l’eau chez Maurice Rollinat, éditions du Journal « La Voix du Centre », Le Blanc, 1930, 16 pages

 
Dernière modification : 07/04/2013
 
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