Communication M. Ologoudou-Savignat

   

        Communication de Mme Michelle Ologoudou-Savignat,

                      Ancien membre du C E S E national

    LE RÔLE DE L’EDUCATION  DANS L’ALIMENTATION

                       

Je remercie notre Président pour les éloges qu’il vient de prononcer.

Je dois vous avouer que je suis très émue  de m’adresser à vous qui êtes pour la majorité des Littéraires hautement qualifiés : je demande donc
votre indulgence…


Mon propos porte sur  le rôle de l’éducation dans l’alimentation, objet d’un rapport fait en 2004 au CESE national et publié au journal officiel ; mieux vaut intervenir avant que les problèmes de santé ne s’installent…Cela s’appelle de la prévention, mot encore peu mis en application actuellement.

L’augmentation exponentielle de l’obésité des jeunes enfants et la dénutrition des seniors, m’ont amené  à vous livrer ces réflexions.


L’évolution des modes de vie au cours des dernières décennies, une offre de denrées alimentaires de plus en plus élaborées et variées, dont le consommateur ignore souvent l’origine et le parcours , ont fait que le consommateur a envie de connaître ce qu’il mange, les répercussions éventuelles de son »manger », l’apprentissage du goût et des saveurs, la recherche d’une alimentation équilibrée, la sécurité alimentaire et la santé…tels sont les enjeux d’une éducation à l’alimentation qui fait intervenir de nombreux acteurs.


Où en est la consommation alimentaire aujourd’hui ? Comment les consommateurs réagissent-ils face aux crises alimentaires récurrentes ? En quoi ont-elles modifié leur perception de l’alimentation et leur comportement de consommation ?

Comment concilier plaisir et nutrition, deux dimensions au cœur des attentes de ces consommateurs… ?

Nos comportements alimentaires sont en pleine évolution, au pays du bien-manger, l’alimentation fait aujourd’hui partie des préoccupations individuelles et collectives.

N’est-il pas utile de réapprendre à manger, afin de retrouver une spontanéité dans l’acte tout simple de se nourrir qui conjuguerait à la fois : modération, équilibre et plaisir ?


D’où une nécessaire éducation à l’alimentation : autrefois la famille remplissait ce rôle très naturellement, aujourd’hui, les changements des comportements alimentaires, la « cacophonie » des discours médiatiques interpellent chacun ; cependant une éducation à l’alimentation ne doit pas se limiter à une éducation nutritionnelle :
l’éducation au goût, dés le plus jeune âge est très importante
.

Les « mangeurs » ne souhaitent pas devenir des experts en alimentation, ils souhaitent seulement disposer d’informations sur les aliments qu’ils consomment (composition , provenance, conséquences éventuelle sur leur santé ) ,et pouvoir choisir en connaissance de cause, en un mot, être décideurs…


Le Programme National Nutrition Santé : PNNS mis en place en 2001 ,prolongé par le PNNS2 (2006-2010 ) a permis de prendre conscience de la nécessité d’une information des
consommateurs, d’une éducation à l’alimentation et de l’identification des différents acteurs susceptibles d’y concourir. Seule une volonté politique forte peut permettre d’obtenir des résultats.


Un plan national pour mieux manger, vient d’être lancé le 28 septembre 2010 par le Ministère de l’Agriculture, le PNA : Programme National pour l’Alimentation,  vise à faciliter l’accès de tous à une alimentation de qualité, sûre, diversifiée et durable. Il recense les questions concernant notre modèle alimentaire : développement des circuits courts, règles nutritionnelles en restauration collective etc…les différents spots télévisuels  en sont l’expression (« manger, bouger » , « 5 fruits et légumes / jour «  moins gras, moins salé, moins sucré  )


La famille et l’école jouent un rôle essentiel, mais de nombreux autre acteurs doivent y participer : la filière alimentaire, la restauration collective, les associations de consommateurs ou des organismes tel que le Conseil National de l’Alimentation et bien sûr les services de l’état.

La famille sert, ou devrait servir de filtre de décryptage de tous les messages reçus, parfois contradictoires, qui vont influencer les comportements alimentaires. Mais, est-elle elle-même  suffisamment éclairée et en mesure de jouer ce rôle lorsqu’elle vit dans la précarité et l’exclusion ?

Il ne paraît pas non plus nécessaire de faire de la nutrition  une discipline supplémentaire ; mais plutôt d’avoir une approche transversale qui requiert une concertation interdisciplinaire.


La restauration scolaire qui accueille 1 élève sur 2, voire 2 sur 3 dans les grandes villes, parmi les 12 millions d’écoliers, collégiens et lycéens doit être un moyen d’assurer une alimentation saine et équilibrée; soulignons l’importance de l’environnement pour le repas, qui doit être un moment de détente et de plaisir partagé.


L’information du citoyen-mangeur est très importante, il ne sait plus que choisir pour bien choisir ; développons un esprit critique vis à vis de toutes ces publicités trop souvent commerciales.

L’éducation à l’alimentation, c’est avoir un nouveau regard sur ce que l’on mange, la façon dont on le mange, en quelle compagnie et en quel lieu, c’est avoir un nouveau regard sur soi-même…

Cela peut également être un outil d’insertion sociale en étant à l’écoute des populations en difficultés et de les faire participer à la vie de la cité.

Des campagnes de sensibilisation pourraient être faites chaque année, au moment de la semaine du goût, le plaisir de manger n’est absolument pas en contradiction avec une alimentation saine et équilibrée.

Le « bien-manger » suppose une certaine modération  que l’éducation peut contribuer à acquérir (pour Brillat-Savarin, la gourmandise est ennemie des excès… ).


Je dois vous confier que mon plaisir a été grand quand le premier impact de ce rapport a été de remplacer le contenu des distributeurs dans les collèges et lycées, lors de la rentrée scolaire, par des bouteilles d’eau et des fruits .

Une clarification de l’étiquetage, en effet, la multiplicité des informations figurant sur de très nombreux produits, la rend illisible pour la plupart des consommateurs et même très complexe pour les professionnels, la mise en place d’une codification pour les produits de l’agro-alimentaire est en cours de réalisation et est indispensable..

La traçabilité des viandes depuis le lieu d’élevage, jusqu’à l’assiette du consommateur : un carnet de santé suit l’animal depuis sa naissance, y figure les géniteurs et tous les traitements éventuels reçus jusqu’à l’abattage.


Je vous remercie de votre attention

 
Dernière modification : 12/04/2011
 
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