Franz Liszt : musique, amour, religion...

                                      FRANZ LISZT

Musique, amour, religion…


Pianiste, écrivain, compositeur, chef d’orchestre, organisateur de festivals, professeur, philanthrope,  abbé, ami des plus grands artistes de son temps, amants de quelques romantiques divinités.


Enfant de nulle part, bohémien, saltimbanque, Franz Liszt est-il hongrois, autrichien, allemand,  français, italien… ?


Enfant prodige, enfant du siècle, plein de touchantes  contradictions, tantôt révolutionnaire, tantôt voulant entrer au séminaire, sa vie sera ainsi faite de doutes, de faiblesses, de joies et de souffrances.


Après avoir entendu le Concerto Ries  en do dièse mineur le jeune Franz, alors âgé de huit ans  déclara tout net qu’il voulait apprendre la musique et dit en  montrant  le portait de Beethoven  « je voudrais être celui-là ».


Le  petit Franz vint au monde le  22 octobre 1811 au sein d’une famille unie et croyante, ce n’est pas un de ces enfants resplendissants de santé qui font l’orgueil des parents, mais plutôt un petit être malingre qui restera tout au long de son existence de constitution frêle mais vigoureuse, de caractère impulsif mais bon.


Le père de Franz était intendant domanial du Prince  Nicolas Esterhazi  dans le village de Raiding au sud de Vienne.

Dans cette campagne reculée ses seules distractions sont  la musique et la lecture. Il sera le premier professeur de son fils.


Très jeune, Anna, la mère de Franz lui lit les contes de Grimm, mais il préfère l’Histoire sainte, la Vie et la Passion de notre Seigneur, des récits puisés dans les Pères de l’Eglise.

Se rendant rapidement compte des étonnantes facultés de son fils, le père de Franz abandonne son poste d’intendant pour accompagner son fils à Vienne où Franz va bénéficier du plus illustre des professeurs,  Karl Czerny.

En plus de Czerny, on choisit  Antonio Salieri, ancien Maître de Beethoven et de Schubert.


Afin de poursuivre ses études, les Liszt père et fils se rendent à Paris,  se font présenter à Chérubini,  Directeur du conservatoire le plus célèbre du monde, mais là, Chérubini  signifia à Franz qu’il a l’âge mais pas la nationalité requise.

C’est peut-être un mal pour un bien, l’intransigeance de Chérubini a probablement sauvé  du conformisme la carrière de Franz Liszt. La personnalité de cet enfant génial et inculte aurait probablement été détruite par une discipline académique.


Franz Liszt va donc étudier en privé  avec le soutien de la famille Erard. Afin de financer ces études il donne des concerts aux membres de l’aristocratie.


Comme à Léopold Mozart, on reproche à Adam Liszt d’avoir négligé la formation générale de son fils. Mozart restera inculte alors que Liszt se cultivera lui-même  pour être à la hauteur de ses fréquentations.

La pratique religieuse occupe une place importante dans la vie de Franz Liszt, animé de sentiments puissants et entretenus  par une foi sans restriction.

En ce début de 1824, Paris est bien différent de Vienne : on y est plus libre. Franz devient rapidement la coqueluche des Parisiens.

Il joue pour la jolie duchesse de Berry, veuve du second fils du comte d’Artois, plus tard pour le duc d’Orléans, futur Louis-Philippe.


Lorsque les Liszt père et fils projettent un voyage en Angleterre, le représentant de la famille Erard à Londres s’occupe de tout. Ils emportent dans leurs bagages le tout nouveau piano à sept octaves doté du mécanisme à « double échappement » Pour la première  apparition de Franz devant un public anglais, le « Morning Post » fait paraître un élogieux compte rendu. Le concert suivant a lieu le 21 juin, le petit Liszt remplit  une bonne salle  où figurent quatre pianistes  prestigieux dont Kalkbrenner.


Pendant ce premier été londonien il entame la composition  d’un Opéra en un acte, Don Sanche ou le Château d’amour qu’il terminera à Paris. 


Les quelques loisirs que lui laisse la musique, Franz les consacre à sa propre culture notamment en découvrant certains auteurs qui joueront un rôle primordial dans sa sensibilité : l’abbé Lamenais dont il devient plus tard le disciple, Alphonse de Lamartine sans oublier le comte de  Saint-Simon.

Lors du troisième séjour en Angleterre, au printemps 1827, toujours de santé fragile, Franz ressent une grande fatigue et traverse même un état dépressif qui se traduit par des accès de piété. Il veut abandonner la musique pour entrer au séminaire, il passe plusieurs heures par jour à prier agenouillé à l’église, se confesse fréquemment.

Il lit la Bible, la vie des Saints, les œuvres de Thérèse d’Avilla. Avec toute la sagesse  d’un père, Adam dissuade son fils de cette contemplation excessive et  lui explique qu’il appartient aux Arts et non à l’Eglise.


A ce retour d’Angleterre ils séjournent à Boulogne-sur-Mer. Le père de Franz tombe malade, on parle de typhoïde :  en peu de jours son état devient désespéré. Adam Liszt meurt le 28 août 1827, il repose à Boulogne. Franz a du chagrin naturellement, mais il est surtout désemparé, il est confronté sans transition de sa condition d’adolescent à celle d’homme responsable.

Il a seize ans, un âge où les enfants fréquentent collèges ou autres écoles. Lui  doit prendre sa mère sous sa protection, ainsi il  s’installe  « professeur » et rapidement aura autant d’élèves qu’il en pouvait souhaiter.


L’une des toutes premières élèves  à frapper à sa porte fut la très belle  Caroline de Saint Cricq ;  son père est ministre de Charles X, elle tomba immédiatement amoureuse de son jeune et beau professeur hongrois. De longs  tête-à-tête suivaient les leçons où l’on parlait musique naturellement, mais aussi littérature, théâtre et poésie.


Madame de Saint Cricq ne voyait pas trop d’un mauvais œil cette relation mais  tel ne fut  pas le cas de Monsieur le Ministre : après la mort prématurée de son épouse,  il  va congédier Franz et lui intimer  l’ordre de ne plus revoir sa fille en lui précisant qu’elle épousera bientôt le comte d’Artigaux qu’il a choisi pour elle.

Comme à chaque fois que Franz éprouve une souffrance il se réfugie dans la religion. Il passe de longues heures en méditation à l’église de St Vincent de Paul.

Une fois encore il voulut entrer dans les ordres, mais « grâce au ciel » qui veille sur ces créatures faibles que sont les artistes, son confesseur l’Abbé Bardin, homme éclairé et amoureux de la musique lui conseilla de servir Dieu à travers la musique sans aspirer aux vertus sublimes du sacerdoce..

Atteint par ce que  Nietzsche appelle « le tragique de la vie », Franz traine cette maladie de langueur pendant dix-huit mois.

Trop déprimé pour se remettre totalement au travail, il coupe les heures d’enseignement par de la lecture, toujours  afin de combler ce manque de culture. Il lit tout ce qui lui tombe sous la main : la Bible naturellement, mais aussi quelques penseurs et philosophes, Platon, Saint-Augustin, Kant, Pascal, Rousseau, Voltaire  et ses contemporains qui deviendront ses amis : Victor Hugo, Mérimée, Heinrich Heine, Balzac, Sainte-Beuve, Lamartine. Il dévore également les dictionnaires,  principales  sources d’enrichissement culturel de tout autodidacte.


Peu à peu il reprend goût à la musique, il se plonge dans Bach, Mozart, Beethoven, mais aussi dans  les dernières œuvres de ses contemporains, il s’enthousiasme pour Guillaume Tell, le dernier Opéra de Rossini.

Les journées de juillet 1830, les « Trois Glorieuses » achèvent de guérir Franz de ces mélancolies. Madame Liszt dira : « c’est le canon qui l’a guéri ».

Les Républicains tiennent l’Hôtel de Ville, le lendemain  le tocsin sonne à Notre-Dame et le canon ébranle la ville. Transporté d’enthousiasme, Franz se met au piano dans une fureur d’improvisation et jette l’ébauche d’une symphonie révolutionnaire dédiée à La Fayette.


Il entre de pleins pieds dans le monde du Romantisme. Il fait la  connaissance de Berlioz, de Frédéric Chopin tout juste installé à Paris, de Balzac, de George Sand, de Delacroix, de Mendelssohn, de Ferdinand Hiller.


Et surtout il croise Niccolo Paganini, le « Violoniste du diable » virtuose absolu qui lui ouvre des horizons nouveaux.


Pendant l’hiver 1832 - 1833 Franz Liszt et Marie d’Agoult se croisent pour la première fois : c’est le coup de foudre réciproque, elle a 28 ans,  est mariée et  a deux enfants, lui a  tout juste  21 ans.

Marie est née de Flavigny le 31 décembre 1805 à Francfort. Elle grandit en partie à Francfort, en partie Touraine. En 1827 elle épouse le comte Charles d’Agoult, colonel de cavalerie de 16 ans son aîné. Les premières années du mariage sont paisibles, mais rapidement    Marie s’ennuie auprès de ce vieux mari.

Une passion va naître progressivement entre Franz et Marie, une passion néanmoins  mal vécue de part et d’autre au regard de l’Eglise et d’une certaine bourgeoisie conservatrice.


Liszt écrit à Marie  le 1er octobre 1834 :

[…] délivre moi pour un instant  de toutes les misères du temps…ressuscite mon âme…

Lorsque la petite Louison (fille du comte d’Agoult) tombe malade et meurt, Marie crut devenir folle  et pensa que Dieu voulait la punir de son péché.


Afin de réconforter Marie, ils partent en voyage, d’abord dans les Alpes, puis ils s’installent en Suisse à Genève d’où l’on a vue sur le Salève et le Jura.

Un jour sur deux est consacré au piano, l’autre aux travaux littéraires dont Marie trace les plans.

Le 18 décembre 1835, leur première fille,  Blandine voit le jour.


George Sand vient tout juste de gagner son procès en séparation d’avec son mari.  Afin de se changer les idées, elle accepte l’invitation de Marie et Franz à les rejoindre à Chamonix.


Au retour de Genève, Franz et Marie logent à l’Hôtel de France, rue Laffitte à Paris, George Sand les rejoint bientôt et s’installe à l’étage au-dessus.

Marie fait salon et attire toute cette bohème de luxe  à la fois bourgeoise et républicaine, parmi eux : Sainte Beuve, le fidèle Abbé Lamenais, mais aussi Eugène Sue, Adolphe Nourrit, Heinrich Heine et bien sûr Frédéric Chopin où il rencontre George Sand pour la première fois.


Redevenue libre, George Sand, souhaite inviter à Nohant Franz  et Marie.


Après un premier séjour d’une semaine seulement, un second séjour à Nohant est prévu début mai, cette fois pour plusieurs semaines. George Sand se démène pour qu’un piano de chez Erard soit à Nohant avant ses invités.

Marie et Franz arrivent le 8 mai, il a avec lui des partitions de Beethoven, de Schubert, de Berlioz. C’est dans la douceur de l’été du Berry que Liszt va ainsi transcrire « la Symphonie Pastorale » et « l’Hymne à la Joie » de Beethoven.


Dans son journal intime George Sand écrit :

Quand Franz joue du piano, toutes mes peines se poétisent, tous mes instincts s’exaltent…


Lorsque Franz et Marie quittent Nohant, la comtesse est enceinte d’environ quatre mois. Ils se rendent tout d’abord à Lyon puis décident de partir pour l’Italie et plus précisément au bord du lac de Côme où ils louent une villa.

Dans la nuit de Noël, Marie met au monde une seconde fille, qu’en souvenir de Côme on baptisa Cosima.  Entre deux concerts notamment à la Scala de Milan , Franz et Marie vivent sur un petit nuage.


En infatigables voyageurs, ils décident de partir pour Venise, puis Pise, Florence et s’installent à Rome fin janvier 1839.

Le 9 mai suivant, Marie accouche d’un garçon prénommé Daniel : son premier fils, troisième enfant de Liszt.

Victime du temps qui passe, le couple  se dégrade et  finalement  se sépare en octobre 1939.

Marie quitte l’Italie pour la France, de son côté Franz part en Autriche pour une série de concerts.


Son  activité musicale et mondaine  débordante  ne lui suffisant pas, Franz Liszt sollicite le 18 septembre 1841 son admission à la Franc-maçonnerie dans une Loge du nom de  « Zur  Einigkeit » « l’Unité » à Francfort. Puis il  intègre une autre Loge le 8 février 1842 « Zur Eintracht » « La Concorde »  toujours à Francfort  où il est élevé au grade de Maître quinze jours plus tard en présence du Prince de Prusse.


Le 2 novembre 1842,  Liszt est nommé  à Weimar Maître de Chapelle de la cour par décret du Grand Duc Charles-Alexandre. Ses fonctions l’obligent à passer trois mois par an à Weimar et à diriger l’orchestre de la Cour. Une nouvelle carrière s’ouvre à lui, carrière plus noble à ses yeux, plus digne de la haute idée qu’il a de sa mission. 


Voyageur cosmopolite, dont la patrie est partout et le domicile nulle  part, Liszt se rend  à Kiev. A l’issue d’un concert de bienfaisance, il est mis en présence d’une jeune femme,  intelligente, volontaire, au regard pénétrant, la Princesse Carolyne von Wittgenstein.

La Princesse âgée de 28 ans est l’héritière de l’immense fortune de son père décédé, riche propriétaire polonais en Ukraine.

A l’âge de 17 ans on lui avait fait épouser Nicolas von Wittgenstein aide de camp du gouverneur de Kiev ;
il est fait Prince par le Roi de Prusse en 1834.

Elle vit séparée de son mari avec qui elle a une fille et gère elle-même ses domaines avec compétences et fermeté.

Son père lui a inculqué non seulement le sens des affaires, mais encore le goût de la lecture et surtout la foi dans la primauté du spirituel.


Franz Liszt passe plus d’un mois au château de Woronince, où il se fortifie dans sa conviction que la vie mondaine et d’exhibitions pianistiques qu’il a menée jusqu’à maintenant est futile et absurde.


Dans un isolement propice à la méditation et au travail, il compose une pièce admirable : Bénédiction de Dieu dans la solitude ; cette pièce semble annoncer une vie nouvelle et  sera insérée dans le recueil d’Harmonies poétiques et  religieuses.


L’annulation du mariage de Carolyne lui paraissant imminente, Franz annonce leur mariage à sa mère et à ses relations parisiennes.

Les choses ne sont pas si simples : le Tsar en tant que Chef suprême de l’Eglise, mais surtout sous la pression de toute la famille Wittgenstein s’oppose fermement à un tel  divorce.


Pendant cette période weimarienne Liszt produit ses œuvres les plus importantes: les  Poèmes symphoniques, la Sonate en si mineur, la Faust Symphonie, la Messe de Gran, la Dante-Symphonie et le plus grand nombre de ses Lieder.


Dans le courant du mois de février 1859, Liszt envoie à Pie IX, un exemplaire de la Messe de Gran. En remerciement le Pape élève Franz six mois plus tard au rang de Commandeur de l’Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand. Il reçoit une lettre flatteuse qui lui fait très plaisir : « Le Seigneur vous a appelé pour glorifier son nom dans la voie céleste du chant sacré ».

Néanmoins, le talent  de Liszt et ses idées novatrices ne sont  pas du goût de tout le monde, les conservateurs ne manquent pas de lui mener la vie dure, ce qui le conduit à démissionner de son poste de Maître de chapelle le 18 décembre 1858.

Mais  toujours encouragé par Carolyne, il persiste dans son ambition  de renouveler le répertoire musical de l’Eglise catholique.

Son fils Daniel atteint de tuberculose pulmonaire meurt à Berlin à l’âge de vingt ans.


Cosima épousera le compositeur et chef d’orchestre  Hans von Bülow, divorcera puis  unira sa vie à celle de Richard Wagner de vingt-cinq ans  son aîné.


Le mariage de Franz et Carolyne étant devenu quasi impossible en Allemagne, ils envisagent de s’établir à Rome.

La Princesse s’est découvert  une grande attirance pour cette ville. Quant à Franz, il se trouve dans la meilleure situation possible pour réaliser son grand projet de réforme de la musique d’Eglise.


Le Pape ayant ratifié l’annulation du mariage de Carolyne, ils prennent enfin la décision : ils se marieront en octobre.

Plein d’optimisme et de confiance en l’avenir, Liszt  s’embarque  de Marseille pour Rome où il arrive le 20 octobre 1861.

Franz et Carolyne font appartement séparé, la cohabitation avant le mariage ne leur paraissant pas convenable ;  la cérémonie est fixée au surlendemain.

Le lendemain, coup de théâtre !: le curé de l’église San Carlo reçoit l’ordre du Vatican de surseoir au mariage sur des témoignages (vrais ou faux) . Le Pape veut revoir le dossier, c’est l’effondrement.

Après quoi, Franz et Carolyne ayant renoncé à la vie commune se réfugient l’un et l’autre dans la religion.

Franz apprend la mort de sa fille Blandine à Saint Tropez, à l’âge de vingt-sept ans.

Les bruits qui couraient dans Rome depuis un an sur la  vocation religieuse  de Franz étaient prémonitoires : il est bien décidé à entrer dans les Ordres.

Début 1865 Franz Liszt se retire au couvent des « Lazaristes » de Rome, pour s’y préparer à recevoir la tonsure.


Son rêve de réforme de la musique d’Eglise va être une amère déception, il découvre que la musique religieuse n’éveille aucun intérêt dans la hiérarchie ecclésiastique.

Beaucoup pensent que la musique de Liszt confond le profane et le sacré, alors qu’à son idée le profane peut devenir sacré par l’usage qu’on en fait.


Le 30 juillet 1865, Franz Liszt reçoit les Ordres mineurs, ce qui lui donne la qualité de Clerc et non de Prêtre ; cependant on l’appelle « Abbé », il porte la soutane  et lit chaque jour le bréviaire.


Liszt n’a pas l’intention de se fixer  définitivement à Rome, il organise sa vie en sédentarité triangulaire entre Rome, Weimar et Budapest ;  lui qui fut sans domicile fixe, il en a maintenant trois.

Début 1873, Liszt apprend avec tristesse la mort de l’Empereur déchu Napoléon III.

Quelques semaines plus tard le Parlement Hongrois le nomme, Président  de l’Académie nationale de musique de Budapest

Le 5 mars 1876, les journaux apprennent à Liszt la mort de Marie d’Agoult et trois  mois  plus tard il apprendra celle de George Sand à Nohant.


En Liszt, il y a plusieurs personnages : celui de Rome, l’homme d’Eglise déçu, amer, confit en dévotion et celui de Weimar et Budapest, maître vénéré, actif  et généreux.

Au cours de l’été  1881 Franz Liszt fait une chute dans un escalier dont il ne se remettra jamais vraiment  qui  le fait entrer dans une vieillesse prématurée avec son cortège de petites infirmités.

Fin 1881, il est « installé » comme Chanoine honoraire d’Albano, ce titre lui donne le droit de porter l’écharpe violette  qu’il perçoit comme un prix de consolation. Il ne cache pas sa déception de ne pas être Chanoine à part entière.

Début 1882 il  apprend de Budapest  la mort à Venise de son ami et mari de sa fille : Richard Wagner dans sa soixante-dixième année, Cosima n’a que quarante cinq ans.


L’âge venant, Liszt est souvent pris de doutes et de faiblesses, une certaine dépression le ronge, le suicide lui traverse souvent l’esprit  mais ses convictions religieuses l’aident à écarter ces pensées.

Il boit de plus en plus d’alcool, il prend goût à l’absinthe, sa vue s’affaiblit énormément.  Son mal de vivre transforme sa piété en superstition.


Devant ses élèves ou en public il se montre gai et chaleureux,  il ne laisse rien paraître de cet abattement.

Après avoir rempli péniblement  ses obligations en  assistant  à plusieurs concerts à Bayreuth , Franz Liszt s’éteint le 31 juillet 1886 dans les bras de Cosima. Le trois août,  l’illustre compositeur est enterré, le lendemain une messe de Requiem est dite à l’Eglise catholique de Bayreuth.


Beaucoup ont revendiqué l’âme de Franz Liszt : à Paris, Vienne, Budapest, Weimar, Rome…mais comme lui avait écrit Richard Wagner : « Tu es un enfant de l’Europe.


                                                                        Michel Delaume


Bibliographie :

-          Roland de Cande : La vie selon Franz Liszt – Seuil  1998

-          Guy de Pourtalès : La vie de Franz Liszt – Gallimard 1971

-          Gilles Martineau : Franz Liszt – Tallandier  1986

-          Georges Lubin : Correspondance G. Sand Tome III et IV – Garnier 1967- 1968

-          George Sand : Journal Intime (Posthume)– Calmann-Lévy 1926

 
Dernière modification : 15/11/2011
 
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